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    4e volet de cette série avec Madonna del Sasso à Locarno.

    concilier spiritualité, culture et loisir? Pour cette période de vacances estivales, l’Apic propose jusqu’au début juillet sept sorties ou randonnées à caractère religieux dans différentes régions de la Suisse.

    Madonna del Sasso: Une visite à la sainte patronne du Tessin

    Un pèlerinage au sanctuaire, en passant par les "Cent vallées"

    Andrea Krogmann, Apic / Traduction: Bernard Bovigny

    Locarno, 3 juillet 2008 (Apic) Il ne faut pas être sujet au vertige pour emprunter le train qui traverse le Centovalli. Car la vue plongeante depuis les piliers en pierre des viaducs surplombant l’une des "cent vallées" peut donner des frissons. Lentement, la voie étroite partant de la plaine de Domodossola se fraie un chemin en direction de Locarno, sur ce tronçon sinueux de 52 km, avec 1’100 mètres de dénivellation.

    Le trajet, d’une durée de trois-quarts d’heure, passe par des petits villages, de nombreuses chapelles, des vignobles, avec des ponts étroits et des gorges à couper le souffle. Arrivé à Locarno, le promeneur emprunte les arcades ombragées avec leurs offres alléchantes de cuisine locale pour rejoindre la Piazza Grande.

    L’ancienne voie des pèlerins, autrefois très empruntée, à travers la vieille ville conduit au Chemin de croix qui monte à l’église de "Santa Maria Assunta", mieux connue sous le nom de "Madonna del Sasso" (Notre-Dame du Rocher). Le plus important lieu de pèlerinage de Suisse italienne se trouve effectivement sur une butte rocheuses surplombant Locarno.

    Tombeau du fondateur

    Dans la petite église de l’Annonciation consacrée en 1502, située au départ du chemin de croix, repose la dépouille de son constructeur, qui est aussi le fondateur de Madonna del Sasso: le franciscain Bartolomeo d’Ivrea. Le mur nord est orné d’une fresque de style Renaissance du peintre Bramantino (+ 1536). Elle représente Marie sur un trône, avec l’enfant Jésus sur un bras et un livre sur l’autre bras. Une autre fresque du 17e siècle, en face, montre Jésus au Temple.

    Le chemin passe ensuite devant une petite chapelle, puis à travers la Porta trionfante, une sorte d’Arc de triomphe dans laquelle a été érigée une petite chapelle de l’Annonciation. Les personnages en terre cuite de Marie et Elisabeth, du 17e siècle, sont signés Francesco Sala ou Francesco Silva. Le visiteur peut maintenant emprunter le chemin menant à la vallée, qui est la plus ancienne liaison avec le Monte, en passant à travers un petit portique, puis devant la chapelle de la Nativité du Christ et de l’Adoration des Mages, qui a subi au 19e siècle d’importantes transformations. Ou alors il suit à gauche la "via crucis", l’ancien Chemin de croix dont les chapelles actuelles datent de 1817.

    Trésor et ex-voto

    Quel que soit le chemin choisi par le visiteur, des escaliers abrupts le conduisent jusqu’au lieu de pèlerinage. En haut, depuis les arcades latérales et la terrasse, il jouit d’une vue fantastique sur Locarno et le Lac Majeur. Dans l’église elle-même, lorsque ses yeux se sont habitués à la pénombre de cet espace peu éclairé, le visiteur peut constater qu’il ne reste plus rien de la simplicité originelle franciscaine, après les transformations entreprises durant les deux derniers siècles.

    Les très nombreux ex-voto témoignent de la profonde piété populaire liée à ce lieu de pèlerinage. Avec des images souvent ornées de couleurs vives, les croyants expriment leurs remerciements à la Madonna del Sasso pour sa protection ou son intervention salvatrice. Dans les images les plus anciennes, c’est le motif du lit dans lequel est couché le malade ou le défunt qui apparaît le plus. Les plus récentes illustrent assez souvent, et d’une façon très expressive, l’issue heureuse d’un accident de la circulation, grâce à Madonna del Sasso.

    A côté des ouvrages en stuc du 17e siècle et des fresques d’Alessandro Gorla, un retable représentant la "Fuite en Egypte" de Bramantino (vers 1520), dans la partie sud de la nef, et une monumentale "Mise au tombeau du Christ", d’Antonio Ciseri (1864-1870), dans la troisième chapelle latérale, font partie des oeuvres les plus remarquables de l’église. L’image miraculeuse de la Madone sur l’autel principal date de 1480.

    Plusieurs chapelles font partie du domaine conventuel, et certaines contiennent de représentations assez impressionnantes. La "Casa del Padre", une des parties les plus anciennes du lieu de pèlerinage, abrite actuellement un musée, dans lequel sont exposés le trésor de l’église, des ex-voto et de nombreuses vues du couvent.

    Oratoire de San Bernardo

    Celui que la montée jusqu’au lieu de pèlerinage n’a pas suffisamment fait transpirer, peut poursuivre son chemin au dessus du couvent sur la droite en direction du village d’Orselina. Après environ un quart d’heure, on arrive à l’église paroissiale, dédiée à Saint Bernard. L’édifice de couleur claire et de forme simple, des 16e et 17e siècles, a connu de nombreuses transformations. La dernière remonte à 1965 et lui confère un style néo-classique.

    Puis le promeneur suit la Via Eco, qui le conduit par un chemin en lacets jusqu’à la dernière étape de sa randonnée: l’Oratoire de San Bernardo, située à 1096 mètres d’altitude. En passant par un bois feuillu ombragé, le chemin le mène vers trois petites chapelles et à travers le hameau de San Bernardo, avant qu’il ne parvienne au terme d’une montée d’une heure à la petite église pittoresque.

    Ce lieu de culte d’une taille plutôt modeste et dotée d’un joli clocher a conservé les lignes de construction du bâtiment original, qui date du début du 17e siècle. A travers la porte grillagée, on aperçoit au dessus de l’autel une image du crucifié, entourée d’une fresque de la Madone à l’enfant sur la gauche et une de Saint Bernard de Clairvaux sur la droite. Le promeneur verra aussi ses efforts récompensés par une superbe vue sur Locarno, le lac et les montagnes environnantes. Ce joli endroit est idéal pour récupérer des nombreux efforts consentis jusqu’à maintenant. La descente peut se faire par le même chemin, ou par d’autres chemins pédestres. De retour à Locarno, c’est dans un des nombreux cafés de la Piazza Grande que le randonneur savourera un dernier rafraîchissement.

    Encadré:

    Madonna del Sasso, inspiré du "Mont sacré"

    L’église de Notre-Dame du Rocher, entourée aujourd’hui d’un complexe comprenant le couvent des capucins et plusieurs chapelles, a une histoire de plus de 500 ans. Sa fondation remonte à une apparition de la Vierge au moine franciscain Bartolomeo d’Ivrea, de Locarno, dans la nuit de l’Assomption, du 14 au 15 août 1480. Ce moine du couvent San Francesco de Locarno était venu vivre sur le Sasso della Rocca, où il a d’abord érigé un ermitage et deux petites chapelles. Puis de cette apparition est née l’idée de construire le sanctuaire.

    Il s’est basé sur l’exemple du Mont Sacré érigé en 1481 à Varallo dans le Piémont pour construire une série de chapelles, qui illustrent les stations de la vie et de la passion du Christ. Peu d’entre elles sont encore conservées aujourd’hui.

    Le lieu de pèlerinage a connu une histoire mouvementée. Alors que le début du 16e siècle est marqué par le déclin, le sanctuaire connaît à la fin du 17e siècle son apogée.

    Une nouvelle crise apparaît au début du 19e siècle, dans la mouvance de la sécularisation et de la révolution culturelle de 1848. La propriété est alors confisquée par l’Etat et la communauté franciscaines établie en cet endroit est expulsée. L’administration du lieu de pèlerinage est ensuite confiée à l’Ordre des capucins, qui a entrepris de nombreux agrandissements et transformations. Avec la communauté croissante des capucins, Madonna del Sasso devient un lieu de pèlerinage d’importance suprarégionale et internationale. Le Sanctuaire, consacré par l’évêque Aurelio Bacciarini (1917-1935) à la Sainte patronne du Tessin, joue un rôle toujours plus important dans la vie religieuse de la population. En 1918, l’église obtient le rang de Basilique mineure. En 1949, l’effigie de la Madone est portée en procession dans tout le Tessin. Encore aujourd’hui, des dizaines de milliers de pèlerins proviennent chaque année d’Italie, de Suisse, d’Autriche, d’Allemagne, mais aussi des Etats-Unis. La fête de Madonna del Sasso est célébrée sur place le 1er septembre.

    Encadré:

    Le Chemin de fer du Centovalli

    Au départ de Domodossola (Italie), le chemin de fer du Centovalli (les Cent vallées), inauguré en 1923, mène à Locarno et au Lac Majeur sur 52 kilomètres. Le parcours offre une grande diversité de panoramas. Le voyageur découvrira une végétation luxuriante quelle que soit la saison, les paysages sauvages parsemés de gorges et de cascades vertigineuses, ainsi que des vignes, des forêts de châtaigniers et des petits villages pittoresques. Il peut s’arrêter à Re, dont la basilique renferme une icône de la vierge auréolée de mystère, et à Intragna, qui abrite le clocher le plus haut du Tessin et un centre d’activités de plein air qui propose aux plus téméraires de sauter à l’élastique du haut d’un pont de chemin de fer.

    Le train du Centovalli circule plusieurs fois par jour dans les deux directions. Durée du voyage: environ 2 heures. Pour le passage de la frontière italienne, une pièce d`identité est nécessaire.

    Internet: www.centovalli.ch

    Encadré:

    Indications pratiques

    Le lieu de pèlerinage de Madonna del Sasso est aussi atteignable en 5 minutes par funiculaire depuis Locarno. La station de base se trouve à la Via Ramogna, près de la gare. Le funiculaire est en activité d’avril à octobre de 7h à 20h. Départ toutes les 15 minutes. Prix: 4,50 frs (simple), 6,60 frs (aller-retour) pour les adultes.

    L’église de l’Annunciata au pied du Sasso et le musée du lieu de pèlerinage sont actuellement fermés pour transformation. D’Orselina partent des bus pour Locarno (lignes 24 et 32). Pour la montée jusqu’à l’Oratoire, il est conseillé de porter des souliers de marche.

    Note aux rédactions: Des illustrations de ce reportage peuvent être commandées à kipa@kipa-apic.ch. Prix: 80 frs la première, 60 frs les suivantes. (apic/ak/bb)

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