15.000 pèlerins reçoivent la "Compostelana"
Saint-Jacques-de-Compostelle, 18août(APIC/Pierre Rottet) De toutes les
routes menant à Saint-Jacques-de-Compostelle, par tous les moyens de locomotion possible, des centaines de milliers de jeunes (400’000, selon les
estimations) ont maintenant envahi la ville dans le but de participer à la
IVème Journée mondiale de la jeunesse qui culminera samedi 18 août avec la
rencontre du pape Jean Paul II avec les jeunes. Deux jours de visite pastorale à caractère non-officiel de Jean Paul II durant lesquelles plus d’un
million de personnes sont attendues.
Selon des chiffres officiels, plus de 15.000 pèlerins ont reçu tout au
long des dix jours qui ont précédé la rencontre avec le pape, la "Compostelana". Cette distinction est remise aux pèlerins qui garantissent avoir effectué à pied ou à cheval les cents derniers kilomètres les séparant de
Compostelle. A ce nombre de pèlerins, il convient d’y ajouter la multitude
accourues à Santiago par ses propres moyens de transport. La majorité étant
issue de groupes appartenant à diverses organisations catholiques locales,
régionales ou nationales de 130 pays présents à Compostelle.
D’habitude, et durant les époques "normales" de pèlerinage, guère plus
de 50 "Compostelana" sont quotidiennement remises. Cette distinction trouve
ses origines au Moyen-Age déjà. Pour les pèlerins d’alors, le chemin de
Compostelle était semé d’embûches. Celui à qui la "Compostelana" avait été
décernée pouvait sans bourse délier s’alimenter à l’hôpital du roi, aujourd’hui devenu l’hôpital des rois catholiques, un établissement qui perpétue encore cette tradition.
Un pèlerinage "sportif" pour certains
Pour beaucoup de jeunes pèlerins, dont l’âge varie entre 15 et 30 ans,
la route de Compostelle depuis leur pays d’origine a été longue. Le bâton à
la main, le sac au dos, certains ont marché des mois durant à raison de
vingt kilomètres quotidiennement pour parvenir à Santiago, à l’exemple d’un
jeune Belge, parti de Bruxelles il y a trois mois déjà, ou de deux jeunes
Français qui, de Paris, ont rejoint Compostelle en patins à roulettes.
Tous ne sont cependant pas arrivés à Compostelle pour y rencontrer Jean
Paul II. "La marche, aller à la rencontre de la nature, sont aussi des motifs pour parvenir dans ce lieu de pèlerinage", confie pour sa part un jeune Allemand. Et puis, il y a ceux qui, à l’instar d’un groupe de très jeunes Français, sans savoir vraiment pourquoi, décidèrent du voyage du jour
au lendemain : "Comme ça, par sport et pour passer des vacances". Des vacances à bon marché pour d’autres, à l’image de ce pèlerin qui, après
s’être restauré dans un lieu public de Compostelle s’en est allé sans
payer : "Je suis un pèlerin sans le sou" devait-t-il argumenter sous les
yeux médusés de la patronne. (apic/pr/mg)