Après des allégations de “comportements transgressifs” dans plusieurs monastères en Belgique et aux Pays-Bas, l’Abbé-Président de la congrégation bénédictine de Subbiaco-Mont Cassin a pris une série de mesures disciplinaires provisoires. Il ne s’agirait cependant pas d’abus sexuels sur mineurs.
La congrégation bénédictine est intervenue à la suite de rapports persistants faisant état de "comportements transgressifs" dans des monastères bénédictins flamands et néerlandais et de réponses inadéquates de la part des responsables, a expliqué dans un communiqué du 11 février 2025 le Père Ignasi Fossas, Abbé-président de la Congrégation de Subbiaco-Mont Cassin.
“Attitudes inappropriées et inadéquates”
“Les enquêtes et les visites effectuées ces derniers mois ont mis en lumière une situation de fragilité personnelle et structurelle, qui affecte de différentes manières les monastères de la Province, et qui a conduit à des attitudes inappropriées et inadéquates”, relève l’Abbé-Président. Avant de préciser “qu’aucune des plaintes examinées ne concerne des abus sexuels sur des mineurs. Les plaintes concernent des comportements transgressifs entre adultes.”
Des mesures conservatoires, mais non punitives
“Les mesures canoniques décidées sont conservatoires et non punitives, ajoute l’Abbé. Il s’agit de mesures temporaires qui suspendent l’exercice d’un ministère, mais ne le suppriment pas, jusqu’à ce que l’organe législatif correspondant rende une conclusion.”
“Ce processus met en évidence les lacunes dans la vie de certaines personnes et l’échec de certaines structures de gouvernement. Mais en même temps, il faut prendre note de la fidélité, de la bonté et de l’abnégation de nombreux autres moines dans la vie de leur vocation au service de l’Église et de la société”, relève néanmoins le communiqué.
Suspensions de charges et de ministère
Concrètement, la première mesure est une visite canonique extraordinaire de tous les monastères de la Province flamande-néerlandaise: Termonde, Affligem, Steenbruge et Doetinchem/Slangenburg, dans le but de vérifier la situation de chaque communauté, de les soutenir dans leur cheminement immédiat et futur, et de s’assurer que les structures de gouvernement de chaque monastère et de la Province sont efficaces. Les travaux de cette visite canonique extraordinaire pourront se prolonger plusieurs mois.
Les mesures les plus importantes et les plus sévères concernent l’Abbaye de Keizersberg, à Leuven, en Belgique. La vie communautaire reste suspendue et chaque moine maintient sa résidence. Le Prieur Administrateur, qui a terminé son mandat le 30 septembre 2024, n’est pour l’heure pas remplacé. L’administration du monastère est réservée à l’Abbé-Président.
Etant donnés les défauts de forme dans son ordination diaconale, un moine est temporairement suspendu de son ministère. Il lui est interdit d’exercer toute activité publique en tant que moine bénédictin. La visite canonique extraordinaire devra enfin vérifier la situation présente et future de chacun des moines.
Des décisions graves mais nécessaires
A l’Abbaye de Doetinchem/Slangenburg, aux Pays-Bas, le Père Abbé est suspendu et il lui est interdit d’exercer publiquement son ministère sacerdotal. Son dossier sera transmis au Dicastère pour les instituts de vie consacrée.
En conclusion, l’Abbé-Président se dit “conscient de la gravité de mes décisions et de la douleur qu’elles peuvent causer. Cependant, je crois qu’elles sont nécessaires pour offrir lumière, vérité, justice, réparation et espoir à toutes les personnes concernées.” (cath.ch/com/mp)