Commentaire
sur la dignité et la vocation de la femme
Première réaction romande
Rome/Lausanne, 30septembre(APIC) La lettre apostolique "Mulieris dignitatem" de Jean Paul II sur la dignité et la vocation de la femme, publiée à
l’occasion de l’Année mariale, a été présentée vendredi au Vatican par le
cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la
foi. Marianne Almonte, secrétaire de la Communauté romande de l’Apostolat
des laïcs (CRAL) à Lausanne a fait part à l’agence APIC de ses premières
réactions à la lecture de cet important document.
(APIC/Marianne Almonte) Cette méditation théologique (c’est ainsi que
Jean Paul II la nomme) que j’ai lue très rapidement, m’invite à une remarque préliminaire. Je ne suis pas théologienne. C’est donc la réaction du
coeur d’une femme chrétienne, épouse, mère et engagée en Eglise que je livre ici.
Le ton "paternaliste" de cette lettre et son langage plutôt hermétique
rendent sa lecture et sa compréhension difficiles pour le commun des mortels. Je doute fort que ce langage touche vraiment le peuple de Dieu, qui
plus est, les nombreuses femmes engagées au nom de leur foi dans les divers
secteurs de la vie de l’Eglise et de la société.
On peut être surpris aussi du moment de parution de cette lettre qui devrait précéder de peu le document final post-synodal. Est-ce une première
réponse aux "revendications" sur la place de la femme dans l’Eglise qui
sont apparues dès le début du synode 87 ? Il y a tout lieu de le supposer.
Le rappel du fondement théologique du sacerdoce exclusivement réservé aux
hommes laisse peu de doute sur les intentions du Saint-Père.
Passages réjouissants
Quelques passages de cette lettre m’ont cependant réjouie : par exemple,
la troisième partie parle de la commune humanité de l’homme et de la femme
dont la communion d’amour reflète la communion de l’amour trinitaire. J’ai
aimé également tout le chapitre 5 qui relate la relation profonde de Jésus
avec les nombreuses femmes des Evangiles. Elles étaient présentes avec leur
vie unique, simple.
Je viens de lire une lettre théologique sur la dignité de la femme écrite (vraisemblablement) par le Pape. A quand une lettre pastorale sur la
dignité de la femme écrite avec la collaboration des femmes et qui touche
le coeur profond des femmes, debout, aimantes, souffrantes, offertes, accueillantes, comme le fut Marie, Mère de Dieu ? Cela nécessiterait de
prendre enfin en considération l’évolution historique et sociale du rôle
tenu par la femme dans la société.
Tout en tenant compte de ses valeurs permanentes, il est important de
réaliser que la femme d’aujourd’hui diffère de la femme d’il y a deux mille
ans.
Marianne Almonte