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    Il échoue à la mairie mais est élu au conseil municipal d’un village

    Colombie: un prêtre se lance dans la politique (010888)

    Paris, 1eraoût(APIC) Depuis mars dernier, le prêtre colombien Federico

    Arroyave a délaissé l’Eglise pour la mairie du village de Caicedonia, au

    sud de la Colombie, ou il est devenu conseiller municipal. Héritier de Camillo Torres, le curé-guérillero? Selon le quotidien français La Croix, qui

    lui consacre un article en même temps qu’il publie un vaste reportage sur

    la violence qui secoue la Colombie, certains pourraient voir en Federico

    Arroyave le symbole du curé-guerillero qui enflamma toute la jeunesse colombienne des années 60, mort au maquis et dont se réclame le plus puissant

    mouvement de la guérilla colombienne, l’Armée de libération nationale.

    (L’ELN)

    Quand on le compare à Camillo Torres, Affirme le quotidien catholique

    français, le Père Arroyave s’insurge. La théologie de la libération, oui.

    La guérilla, la violence, non. "J’aime la paix comme Gandhi et Luther King.

    J’ai horreur des armes et la guérilla n’est pas la bonne voie", dit-il.

    Même si lui-même se barde de certitudes, c’est pour lutter contre les

    démons de la violence et du sectarisme qui rongent le pays que le Père Arroyave a choisi en mars dernier, date des premières élections municipales

    qu’ait connues la Colombie, de faire de la politique. D’être élu et de devenir conseiller municipal.

    Federico Arroyave s’était présenté à la mairie, mais s’il a perdu c’est,

    affirme-t-il, à cause de la fraude.

    Pas un "curé rouge"

    Dans le passé, avant d’entrer dans les ordres, le Père Arroyave avait

    déjà "tâté" de la politique dans les partis traditionnels. Il fut notamment

    désigné maire en 1968, à l’âge de 23 ans. Aujourd’hui, il ne se veut ni

    conservateur, ni libéral, les deux partis-dinosaures qui se partagent le

    pays depuis deux siècles. Pas "curé rouge" non plus parce qu’il a horreur

    des systèmes. C’est à la tête d’une "coalition civique" composée de huit

    mouvements divers qu’il s’est présenté à la mairie.

    Cet engagement politique ne plaît cependant pas à tout le monde. Sa famille a peur et le supplie d’abandonner la politique. Quant aux évêques de

    Colombie, plutôt conservateurs dans l’ensemble, toujours inquiets des

    récupérations politiques, ils l’invitent aussi à la prudence. Sûr de sa

    mission, le Père Arroyave refuse de porter une arme pour se défendre. Mais

    ses amis l’ont convaincu de porter un gilet pare-balles, véritable cilice

    sous les tropiques.

    L’an dernier, un de ses proches a été retrouvé assassiné. Et sur sa jeep

    un petit billet sur lequel étaient posées trois balles demandait: "Ou les

    préfères-tu, petit curé, dans le coeur ou dans la tête?"

    Pour un dialogue national

    Un avertissement comme tant d’autres personnes, hommes politiques, syndicalistes ou autres recoivent. A supposer que cette façon de procéder soit

    répandue. Ce qui est loin d’être le cas pour la plupart des gens qui sont

    abattus. Assassinés, les uns au nom de la répression et de la "raison

    d’Etat", les autres au nom de la révolution, quand ce n’est pas à cause des

    "narcodollars", du trafic de la drogue et de ses conséquences. Personne aujourd’hui en Colombie peut véritablement prétendre être à l’abri de la violence. A l’abri des assassinats, des enlèvements ou des attentats quotidiens dans ce pays.

    Dans ce contexte de violence, les appels au dialogue se font de plus en

    plus pressants. Une ouverture au "dialogue national" que prône même un partisan convaincu de la répression militaire, à savoir le leader conservateur

    Alvaro Gomez Urtado, enlevé en mai dernier par le mouvement de guérilla M19

    et libéré après 53 jours de captivité.

    Un dialogue national enfin que l’Eglise catholique colombienne réclame

    et qui selon "La Croix" aurait débuté en fin de semaine passée à Bogota,

    sous l’égide de l’Eglise, précisement. C’était là un des points qu’avaient

    fixés les rebelles comme condition à la libération d’Alvaro Gomez Urtado:

    l’organisation d’une réunion avec des dirigeants religieux et différentes

    personnalités colombiennes. C’est semble-t-il chose faite aujourd’hui. Certes sans la participation du gouvernement qui étudiera néanmoins après coup

    les propositions formulées par les participants. Et si cette absence risque

    fort de limiter les débats, peut-être que cette ébauche de "dialogue" permettra-t-elle malgré tout de freiner la violence. (apic/pr)

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