Colombie : Mystérieux assassinat de l’évêque d’Arauca (041089)
Bogota, 4octobre(APIC) Le cadavre de l’évêque du diocèse colombien d’Arauca, à la frontière avec le Vénézuela, a été retrouvé dans la nuit de
lundi à mardi sur une route menant à la ville d’Arauca. L’évêque de la ville, Mgr Jesus Emilio Jaramillo Monsalve, âgé de 73 ans, avait été enlevé
quelques heures auparavant par des inconnus avec un prêtre de son diocèse,
le Père Emer Munoz, qui a été libéré.
Mgr Jaramillo Monsalve, connu pour son engagement en faveur des pauvres
et des Indios, a été abattu de plusieurs balles dans la tête. Les autorités
militaires accusent la guérilla de cet assassinat, mais cette version est
mise en doute par des milieux religieux en Colombie.
Le commandement militaire d’Arauca a mis en cause une faction dissidente
du mouvement de guérilla ELN (Armée de libération nationale, le groupe auquel appartenait le prêtre guérillero Camillo Torres). Il s’agirait, toujours selon les militaires, du groupe "Domingo Lain", du nom d’un prêtre
compagnon de lutte du Père Camillo Torres. Ce mouvement est actuellement
dirigé par un prêtre d’origine espagnole, le Père Ayala. Selon certains milieux religieux de Colombie, les auteurs de cet assassinat seraient plutôt
à rechercher du côté des "Escadrons de la Mort" d’extrême-droite ou de
groupes militaires, en raison notamment de l’engagement de l’évêque en faveur des pauvres. Mgr Jaramillo Monsalve était en effet entré en conflit à
plusieurs reprises avec des milieux d’extrême-droite.
Message du pape
Dans un télégramme de condoléances adressé au cardinal Alfonso Lopez
Trujillo, président de la Conférence épiscopale colombienne, Jean Paul II
exprime "une fois de plus, pour cette nouvelle victime d’une violence que
rien ne peut justifier, sa réprobation énergique d’une action qui porte atteinte à la vie et à la dignité de la personne, s’agissant tout spécialement d’un pasteur de l’Eglise engagé dans l’oeuvre d’évangélisation et
d’assistance aux plus démunis.
Le message, qui porte la signature du cardinal Casaroli, secrétaire
d’Etat, rend la guérilla de l’ELN responsable de cet assassinat. Le pape y
condamne en outre "les atteintes répétées à la convivialité pacifique et à
la tradition chrétienne du peuple colombien" et exprime sa solidarité avec
l’Eglise colombienne. (apic/kpr/jt/cip/be/pr)