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    Colombie: La violence pour institution (060788)

    Fribourg, 6juillet(APIC) Sous ce titre, "Bulletin Oecumenique" du mois de

    juin dernier publie sous la rubrique "dossier" un article consacré à la

    Colombie, à la violence en ne s’y arrêtant que par le truchement d’une

    analyse de l’histoire politique de ce pays pour tenter d’en expliquer les

    causes. Car c’est par milliers que l’on compte aujourd’hui les victimes

    d’assassinats politiques ou tombés lors de massacres perpetrés par des

    commandos par-militaires et des tueurs à gages "sicarios" payés par la

    mafia de la drogue voire par certains milieux proches de l’armée. Cela sans

    parler des actions des différents groupes de guérilla. Pas en reste pour

    surenchérir le bilan déjà lourd d’une sâle guerre.

    Mais l’histoire de la violence en Colombie, pays de 28 millions d’habitants et territorialement deux fois plus grand que la France, ne date pas

    d’hier. Surtout, elle a été marquée par de nombreux conflits allant jusqu’à

    la guerre civile. Les Conservateurs et les Libéraux y étant pour beaucoup,

    ces derniers se disputeront le pouvoir en se perdant souvent dans d’interminables guerres et querelles qui ne feront qu’affaiblir le pays.

    En réalité, l’Etat colombien moderne est né en 1886 avec l’approbation

    de la Constitution. Et si de 1886 à 1930 les Conservateurs détiennent le

    pouvoir, l’éternel rival, le parti libéral s’en saisira 16 ans durant avant

    de l’abandonner en 1946. Le parti Conservateur ayant exploité la division

    des Libéraux. Mais cette date devait marquer pour le pays la recrudescence

    de la violence et le début d’une guerre civile après l’assassinat de Jorge

    Eliecer Gaitan, alors chef unique du parti libéral. La terreur règnera

    pendant dix ans, causant la mort de 300.000 colombiens et une importante

    émigration des paysans vers les villes.

    En 1957, après quatre ans de dictature militaire, les deux partis traditionnels signeront un accord de paix dit de "Front national". Un accord que

    la population plébiscitera à raison de 73%. Dès lors, on assistera à une

    distribution égale des charges dans l’administration mais surtout verra-ton une alternance à la présidence de la république. Une situation qui se

    prolongera jusqu’en 1986 oû pour la première fois le parti libéral devient

    majorité à l’Assemblée.

    La formule "miracle" de l’alternance influencera positivement l’élan

    économique du pays. En agissant négativement toutefois sur l’expression

    démocratique encore naissante ou apparente. La mise à l’écart de formations

    et de mouvements de la part de ces deux partis et leur refus de pratiquer

    une ouverture du système politique en les y associant ne seront pas sans

    influencer la naissance de groupements subversifs.

    Ajouté aux problèmes sociaux que traverse la Colombie, pays pourtant au

    bénéfice de richesses naturelles considérables -pétrole, charbon, gaz

    naturel, émeraudes, café, cacao, blé, coton etc-, l’apparition d’une

    économie souterraine, le trafic de la drogue, va provoquer un

    bouleversement de la vie sociale et politique du pays. Avec un apport

    annuel de près de 4 milliards de dollars. Désormais, les trafiquants, la

    mafia de la drogue, ont le contrôle de régions entières du pays. Si ce

    n’est la Colombie dans son ensemble. (apic/pr)

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