Cologne: le chapitre de la cathédrale a élu le nouvel archevêque (161288)
Cologne, 16décembre(APIC) Les 16 membres du chapitre de la cathédrale de
Cologne viennent d’élire à la majorité simple leur nouvel archevêque sur la
base de la liste des trois candidats dont ils disposaient. Selon une
dépêche de l’agence catholique allemande KNA à Bonn publiée vendredi, le
nom du candidat a déjà été transmis aux gouvernements des Etats de Rhénanie-Westphalie et de Rhénanie-Palatinat, selon les dispositions du Concordat de 1929.
Les ministres-présidents de ces deux "laender" - le diocèse de Cologne
est situé sur le territoire des deux Etats - ont vingt jours pour faire savoir s’ils n’ont pas d’objections politiques envers le nouveau candidat,
après quoi le pape procède à la nomination. Il y a des indications tant au
Vatican qu’à Cologne que ce délai sera raccourci et qu’ainsi le pape pourra
le nommer très rapidement. La répétition de l’élection s’est déroulée à
partir de la liste de trois noms déjà établie cet été par le Vatican. Comme
la majorité absolue n’avait pu être atteinte, le règlement a dû être changé
et le principe de la majorité simple a été adopté.
Cela fait près de 14 mois que le siège archi-épiscopal de Cologne est
vacant, après le décès, en octobre 1987, du cardinal Joseph Höffner, en
raison, semble-t-il, d’un contentieux opposant le chapitre métropolitain de
Cologne et le Vatican. Ce que d’aucuns avaient qualifié de "bras de fer"
entre Rome et le chapitre de Cologne a fait l’objet samedi dernier d’une
mise au point de Joaquin Navarro Valls, directeur de la salle de presse du
Saint-Siège. Dans une intervention faite mercredi 7 décembre sur les ondes
de la "Westdeutscher Rundfunk", le ministre président de Rhénanie-Westphalie Johannes Rau avait mis en garde contre les conséquences sur les relations entre l’Eglise et l’Etat en cas de non-respect par le Vatican du Concordat de 1929.
Dans sa mise au point de samedi dernier, le Saint-Siège conteste tout
d’abord l’affirmation selon laquelle le Concordat signé avec la Prusse
exigerait que le pape choisisse les évêques en s’en tenant à une liste de
candidats proposés par les chapitres des diocèses concernés. Le critère
établi par ce Concordat est différent, précise la déclaration du
Saint-Siège : il prévoit que "le pape doit tenir compte aussi bien des
listes des ecclésiastiques présentées par les chanoines que de celles qui
sont proposées par les évêques de la région"; du reste, "Le Saint-Père
n’est pas lié par de telles listes".
Le Vatican dément aussi que le pape veuille imposer son candidat (on a
parlé du cardinal Joachim Meisner, archevêque de Berlin), vu qu’il soumet
au chapitre de Cologne, en pleine conformité avec les normes concordataires
en vigueur, les noms de trois ecclésiastiques parmi lesquels ils ont à
élire, par un vote libre et secret, le futur archevêque".
En troisième lieu, précise le Saint-Siège, au cas ou une majorité absolue ne se dégagerait pas du vote des chanoines sur un des trois candidats
proposés par le pape, la faute n’en incombe certes pas au Saint-Siège, qui
s’est toujours montré respectueux du vote du chapitre, comme des statuts de
ce dernier, qui prévoit que l’élection du nouvel archevêque requiert la majorité absolue. Il reste que le pape est tenu de repourvoir le siège épiscopal vacant. La déclaration du Saint-Siège renvoie à ce sujet au canon 165
du Code de droit canonique, qui précise que s’il s’avère qu’un collège ne
parvient pas à désigner dans un délai de trois mois celui qu’il est appelé
à élire, la nomination est automatiquement "du ressort de l’autorité
supérieure".
Pour cette raison, précise enfin la déclaration du Saint-Siège, "il est
clair que la nomination au siège métropolitain de Cologne se fera comme cela s’est toujours fait jusqu’ici pour les autres diocèses allemands, dans
la plus fidèle observation de toutes les normes canoniques et concordataires en vigueur. Toute information contraire pourrait objectivement paraître
offensante pour le Saint-Siège". (apic/kna/be)