Les dimensions historique et pratique de l’encyclique
Fribourg, 26avril(APIC) Ouvert mercredi à l’Université de Fribourg, le
colloque consacré à l’encyclique "Rerum Novarum" s’achèvera samedi avec les
interventions du cardinal Roger Etchegaray, président des Conseils pontificaux "Justice et Paix" et "Cor Unum" et du président de la Confédération
Flavio Cotti. Après les exposés de vendredi matin sur les pauvretés dans le
monde et les nouvelles pauvretés en Europe et en Suisse, trois conférences
ont mis dans l’après-miodi un terme à ce colloque et aux débats engagés durant trois jours dans le cadre du centenaire de l’encyclique.
Une encyclique, a souligné Bruno Gruber, ancien secrétaire central de la
Confédération des syndicats chrétiens (CSC), dont la dimension est à la
fois historique et pratique. Historique dans la mesure où à partir d’une
analyse et d’une critique de la société de l’époque, elle accorde aux plus
faibles une place qu’ils n’avaient pas jusque-là, et propose une vision
nouvelle du monde du travail en Europe qui, à partir de la moitié du XXe
siècle, va s’élargir au tiers monde. Pratique enfin dans la mesure où l’encyclique de Léon XIII ouvre pour les travailleurs chrétiens du XXe siècle
des perspectives nouvelles. Et Bruno Gruber de rappeler à ce propos la
naissance de mouvements et de syndicats d’ouvriers chrétiens y compris en
Suisse, peu de temps après sa promulgation.
Directeur du groupe d’édition Média Participations, le français JeanLouis Dherse, a pour sa part relevé que l’enseignement social chrétien est
souvent perçu comme une doctrine, c’est-à-dire un corps de connaissances
conceptuelles. Selon lui, nous avons beaucoup de peine à croire que notre
action individuelle ait une influence quelconque sur la façon dont marche
le monde. Et pourtant, les chrétiens sont en première ligne. Et de rappeler
Vatican II qui dénonçait "ceux qui croient pouvoir se livrer entièrement à
des activités terrestres en agissant comme si elles étaient tout à fait
étrangères à leur religion".
Quant à Michel Albert, président des Assurances générales de France et
président de l’Uniapac, il a présenté le point de vue du patronat à propos
de la doctrine sociale de l’Eglise. Une doctrine sociale, selon lui, qui
n’accorde qu’une faible place aux patrons d’entreprise. Une doctrine, a-til dit, qui ne tient pas compte de la concurrence économique et du système
productif. (apic/pr)