Coire, 27avril(APIC) Dans un communiqué adressé à l’agence APIC, Josef
Bonnemain, docteur en droit canonique et vice-official du diocèse de Coire,
justifie la procédure de nomination de Mgr Haas. Il répond aux attaques de
certains journaux alémaniques contre cette nomination et précise d’abord ce
qu’est un privilège.
Le règlement de 1948 qui régit la nomination de l’évêque de Coire,
accorde un privilège aux chanoines du diocèse. On ne peut pourtant pas
parler d’un "droit" ou d’un "droit d’élection". Les privilèges et les
droits ne sont pas la même chose en droit canonique. Le code de droit
canonique définit le privilège comme une "grâce (gratia) en faveur de
certaines personnes physiques ou juridiques" (canon 76), qui peut être
révoquée à tout moment par l’autorité compétente (c. 79), ce qui n’est pas
le cas pour les "droits".
La lettre et l’esprit du privilège de Coire
Pour déterminer le contenu d’un privilège, il n’est pas nécessaire de se
référer à son "esprit". Le privilège de Coire dit que le chapitre cathédral
peut en cas de vacance du siège épiscopal choisir l’un des trois candidats
proposés par le pape. Et si l’on veut être attentif au sens et au but du
privilège, la lettre nous le précise aussi. Ce privilège a été accordé
"pour le bien de l’Eglise du diocèse de Coire". La nomination d’un coadjuteur par le pape ne contredit pas ce but : le pape nomme "pour le bien de
l’Eglise du diocèse de Coire".
Qu’est-ce qu’un coadjuteur ?
Si la nomination d’un évêque auxiliaire (sans droit de succession) se
fait à la demande de l’évêque du diocèse, la nomination d’un coadjuteur
(avec droit de succession) relève du Saint-Siège, lorsque cette solution
lui paraît utile. On ne peut pas dire que le Saint-Siège ait agi contre le
droit en vigueur en prenant cette décision.
On n’a pas passé par-dessus les droits du chapitre cathédral
Le canoniste qui considère les rapports de la commission pour la
révision du code de droit canonique et étudie l’élaboration du code actuel
durant les 25 dernières années verra la chose suivante. La question du
coadjuteur a été abordée dans les différentes étapes de l’élaboration du
code et on a toujours veillé à ce que le Saint-Siège ait la liberté d’agir
comme il l’entend dans certaines circonstances.
L’enquête préalable a été menée de façon régulière
L’évêque peut seulement demander d’avoir un auxiliaire. Aucun évêque ne
peut réclamer un coadjuteur. C’est la pape seul qui décide de nommer un
coadjuteur. Dans le but d’obtenir un évêque auxiliaire, Mgr Vonderach a
fait ce qui est prescrit au canon 377,4 du code de droit canonique : il a
adressé au Saint-Siège une liste d’au moins trois prêtres aptes à remplir
cette fonction. Après que le Saint-Siège ait reçu cette liste, il lui a paru bon de nommer un coadjuteur, comme il a le droit de le faire. Si cette
solution est choisie, le nonce doit engager une procédure de consultation.
C’est ce que Mgr Rovida a fait. Tous les chanoines, les prêtres et les
laïcs interrogés sur les candidats proposés savaient alors qu’ils se prononçaient sur un futur évêque diocésain. Il y eut ainsi deux enquêtes : la
première, facultative, de l’évêque Vonderach, en vue de nommer un auxiliaire; la seconde, du nonce apostolique, concernant un futur coadjuteur.
La question du secret
Le code de droit canonique demande qu’on garde le secret sur ces enquêtes. Il s’agit en effet de recueillir des informations très personnelles
sur les candidats, sur leurs faiblesses même ou d’éventuels empêchements,
des informations engageant en conscience. Le but d’une telle enquête n’est
pas de connaître l’avis de la majorité des gens ou ce que dit la voix
publique.
Qui peut devenir évêque ?
L’expérience apprend que la capacité de réconcilier et de rassembler
d’un évêque ne repose pas sur ses qualités de modérateur des différents
groupes intra-ecclésiaux. En tant que pasteur, il revient bien plus à
l’évêque d’être capable de conduire les fidèles vers le Christ et de les
garder dans la vérité enseignée par l’Eglise. Un candidat est apte à
l’épiscopat d’abord lorsqu’il se distingue par sa foi, ses moeurs, sa
piété, son zèle apostolique , sa sagesse et ses vertus (c.378,1). (apic/ym)