Réactions à la nomination de Mgr Wolfgang Haas
Fribourg, 7 avril (APIC) Les chanoines du Collège des consulteurs et le
président du Conseil presbytéral du diocèse de Coire avouent leur déception
à l’annonce de la nomination d’un coadjuteur dans leur diocèse sans qu’ils
aient pu participer à son élection. L’APIC a recueilli à Coire et à Zurich
les premières réactions qu’a suscitées dans le clergé l’élection de Mgr
Haas.
Le chanoine Josef Halter, de Lungern, membre du Collège des consulteurs,
avoue sa déception : "C’est déjà la deuxième fois que dans notre diocèse on
passe par-dessus le droit du chapitre cathédral. En nommant un évêque auxiliaire avec droit de succession, on évite de passer par le Collège des consulteurs qui a normalement son mot à dire. Lorsque notre évêque va se retirer de sa charge, tout est déjà préparé pour les prochaines décennies". Un
ancien droit reconnaissait au Collège des consulteurs la possibilité de
nommer un évêque "ad interim" et de nommer définitivement le nouvel évêque
sur la base d’une liste de trois noms proposés par le pape. De nombreux
prêtres ont été heurtés par la façon avec laquelle on a passé par-dessus
cet ancien droit.
Franz Stampfli, chanoine résidant à Zurich, dit pour sa part que ce
droit ne vaut que pour le choix de l’évêque résidant, mais pas pour un
auxiliaire ou un coadjuteur. Dans le cas d’un auxiliaire, le chapitre n’a
aucun droit. Franz Stampfli affirme que Mgr Vonderach avait demandé au
chapitre le printemps dernier de proposer trois noms pour la nomination
d’un évêque auxiliaire. Avec d’autres noms, ces 3 noms ont été transmis à
Rome par le canal de la nonciature. Le chapitre a appris par la suite que
Rome allait nommer un coadjuteur (avec droit de succession). Il a alors
tenté de défendre son droit de participer à la nomination, s’agissant d’un
coadjuteur avec droit de succession. En vain. "Dans ce cas concret, notre
privilège n’a pas joué", conclut Franz Stampfli.
Le Conseil presbytéral n’a pas été consulté en tant qu’assemblée,
affirme son président, le professeur Josef Pfammatter. L’évêque avait
communiqué à ce Conseil qu’il avait consulté 170 personnes du diocèse sur
le choix d’un auxiliaire et que 4 ou 5 noms étaient surtout ressortis. Le
Conseil presbytéral était d’ailleurs très partagé sur le thème d’un évêque
auxiliaire. Certains membres ne souhaitaient pas d’auxiliaire, d’autres un
auxiliaire résidant à Zurich. Mais la majorité ne souhaitait pas d’évêque
auxiliaire avec droit de succession.
Un prêtre des Grisons a commenté : "On a choisi un homme charmant, mais
dépourvu d’expérience pastorale". Interrogé par l’agence l’APIC, un assistant pastoral de Zurich avoue sa profonde inquiétude : "Je vois le futur
en noir". Il met en avant lui aussi le manque d’expérience pastorale du
nouvel évêque et se pose des questions sur la collaboration des prêtres
avec leur nouveau chef. Un prêtre du Liechtenstein souligne pour sa part
les qualités humaines du nouvel évêque, son sens des relations et son intelligence.
Pour Hugo Hungerbühler, président de la Commission centrale catholique
romaine du Canton de Zurich, la nomination de Mgr Haas ne change rien à la
discussion sur un évêché à Zurich. Il dit que sa commission n’a pas été
questionnée sur le choix d’un évêque auxiliaire. "Cette nomination ne projette aucune lumière nouvelle sur la discussion autour de l’évêché de Zurich". Mgr Haas résidera à Coire et il a été nommé pour tout le diocèse.
Hugo Hungerbühler pense pouvoir dire par ailleurs que sa commission est
plutôt favorable à l’érection d’un nouveau diocèse à Zurich.
L’administration du diocèse a fait savoir de son côté que Mgr Wolfgang
Haas ne fera aucune déclaration personnelle avant son ordination épiscopale, le 22 mai prochain, jour de Pentecôte, en la cathédrale de Coire.
(apic/ym)