Coire, 18mai(APIC/Georg Riemann) Pour que le public puisse se faire une
meilleure image de son itinéraire personnel et de ses positions avant son
ordination, Mgr Wolfgang Haas, nommé évêque coadjuteur du diocèse de Coire
le 7 avril, a accordé le 4 mai une interview exclusive à l’agence APIC/KIPA
et au "Zürcher Pfarrblatt". Mgr Haas a revu lui-même les 9 pages du texte
allemand de l’interview.
Le début de l’interview accordée à Georg Riemann a été consacré à
l’itinéraire personnel du nouvel évêque. Mgr Wolfgang Hass se livre : "Je
ne suis pas un citadin, je viens de la campagne". Il poursuit : "J’ai eu
relativement tôt le désir de devenir prêtre. Cela, parce que depuis mon enfance j’ai vu agir de bons prêtres autour de moi.(...) Je peux dire qu’au
moment de ma maturité, j’étais fermement décidé à étudier la théologie dans
le but de devenir prêtre". Interrogé sur ses études, Mgr Haas avoue "que
les auteurs qui se référaient à la tradition des Pères et particulièrement
à saint Thomas l’ont surtout attiré." Il mentionne Hans Urs von Balthasar.
APIC. Quels sont pour vous les éléments importants du Concile Vatican II ?
WH. "(...)J’aimerais mentionner l’ouverture au dialogue avec les différentes théologies qui existent à l’intérieur de la théologie chrétienne; mais
avant tout l’ouverture au dialogue avec les non-croyants, avec les croyants
d’autres religions et avec les chrétiens non-catholiques. Cela signifie que
l’Eglise s’est ouverte à un dialogue intensif avec tous ceux qui doivent
être conduits à la foi, à la plénitude de la vérité. (...) Le Concile a
aussi montré clairement que le peuple de Dieu tout entier est un peuple sacerdotal et qu’il y a en lui différents services visant au même but : que
le visage du Christ s’imprime sur la société.
APIC. Dans la discussion après votre nomination, on a critiqué votre
attitude face aux assistantes et assistants pastoraux.
WH. "Les affirmations qu’on m’a prêtées sont fausses. Elles ne reflètent
que très partiellement ce que j’ai dit ou ce que je pense. Naturellement,
il est possible de reconnaître dans l’Eglise des fonctions telles qu’assistantes et assistants pastoraux. Mais on doit bien comprendre ce qu’on entend par là. (...) Il reste beaucoup de questions à résoudre à ce sujet".
APIC. Ou voyez-vous le plus grand problème de l’Eglise aujourd’hui ?
WH. "L’un des plus grands problèmes que vit l’Eglise d’aujourd’hui, mais
aussi chaque religion, c’est la sécularisation. (...) C’est pourquoi il
faut en revenir à l’affirmation de saint Paul : "Ne vous conformez pas à ce
monde, convertissez-vous". Je crois que beaucoup de gens aujourd’hui sont
ouverts à cette nouvelle pensée, qu’ils sont prêts à un nouvel effort de
religiosité et aussi de religiosité ecclésiale".
APIC. Et la polarisation actuelle dans l’Eglise ?
WH. "Je crois qu’il y a souvent quelquee chose de commun, même lorqu’on ne
voit que la polarisation. Et c’est cette base commune qu’il s’agit de
retrouver"
APIC. On a dit que vous étiez proche de l’Opus Dei ?
WH. "Je ne peux dire qu’une chose : je suis très content d’avoir un prêtre
de l’Opus Dei comme vice-official du tribunal ecclésiastique. (...) Je
nourris effectivement une grande estime pour ce mouvement et je reconnais
son travail. D’autre part, je suis ouvert à autre chose qu’à l’Opus Dei".
APIC. Comment réagissez-vous aux nombreuses critiques dont votre nomination
a été l’objet ?
WH. "Dans la masse des critique et des reproches, je discerne d’abord une
méconnaissance ou au moins un connaissance inexacte de la situation
juridique de l’Eglise et spécialement dans le diocèse de Coire. (...) On
parle souvent de l’Eglise suisse comme d’un "cas particulier". Il faut se
demander ce que cela signifie. Cela ne peut pas vouloir dire que l’Eglise
catholique suisse enseigne autre chose que l’Eglise catholique
universelle". (apic/gr/ym)