Coire: 3e rencontre de la Conférence européenne (220192)
Coire, 22 janvier(APIC) Pourquoi les dirigeants refusent-ils à l’Eglise
les structures démocratiques qu’ils saluent dans la société? C’est la question que lancent les participants à la troisième "Conférence européenne
Coire: 3e rencontre de la Conférence européenne (220192)". Consacrée à "l’Eglise dans
la société démocratique", la rencontre s’est tenue en janvier à Coire, sur
les terres de Mgr Wolfgang Haas. Lors d’une petite manifestation, filmée
par la télévision britannique, les participants des onze groupes nationaux
présents ont déposé une gerbe devant le palais épiscopal.
Dans une déclaration rendue publique à l’issue des travaux, la Conférence constate que l’Eglise catholique, "du fait de sa structure autoritaire
de gouvernement" est un "corps étranger" dans le monde d’aujourd’hui, où la
démocratie s’affirme comme valeur universelle . En effet l’Eglise au cours
de l’histoire s’est adaptée aux modèles politiques, mais elle n’a pas fait
le pas de la démocratie, n’hésitent pas à affirmer les membres de cette
Conférence. "Ses dirigeants se voient contraints de refuser explicitement
pour l’Eglise les structures démocratiques qu’ils saluent dans la société",
lancent les participants à la rencontre de Coire.
Pour la Conférence, il y a là une anomalie: " Contrairement à une opinion largement répandue, déclarent-ils, cette structure n’appartient pas à
la nature de l’Eglise; elle n’est fondée ni bibliquement, ni théologiquement, mais est le résultat d’un long processus historique. Le pouvoir incontrôlé conduit immanquablement à l’abus de pouvoir."
Pour les participants, les principes de séparation des pouvoirs et de
subsidiarité doivent être pris au sérieux. "Le principe de subsidiarité
tient une grande place dans le discours pontifical, comme dans le débat politique européen, mais les conséquences n’en sont pas tirées pour les institutions de l’Eglise."
Pour un nouvel ordre ecclésial
Après la conclusion du Synode spécial des évêques sur l’Europe - qu’elle
estime "dépourvue de perspectives" -, la Conférence appelle les catholiques
d’Europe à "entreprendre, en en dialogue avec les chrétiens orthodoxes,
protestants et anglicans, la construction d’institutions ecclésiales nouvelles". Ce "nouvel ordre ecclésial" devrait mettre en oeuvre les principes
suivants: "égal accès des femmes à tous les lieux de décision et à tous les
ministères; structures empruntées à l’Etat de droit démocratique; application effective de la séparation des pouvoirs et de la subsidiarité; droit
pour les croyants de participer à l’élection et aux décisions de nomination
à tous les ministères; des assemblées élues ayant des pouvoirs de décision
et pouvant débattre en pleine liberté".
Les participants à la rencontre de Coire ont aussi exprimé leur solidarité avec le théologien et psychothérapeute allemand Eugen Drewermann
sanctionné par l’archevêque de Paderborn. Ils n’hésitent pas à déclarer que
la condamnation de Drewermann leur apparaît comme "une triste confirmation
de leur analyse". La "Conférence pour les droits et libertés dans l’Eglise"
est née il y a deux ans à Huisen, aux Pays-Bas, où s’est tenue la première
rencontre. Elle rassemble des groupes d’une dizaine de pays. (apic/cip/mp)