COE : Colloque mondial sur le partage oecuménique des ressources (031187)
Madrid, 3novembre(APIC) Que dans l’Eglise, les oeuvres d’entraide et les
organismes de coopération au développement, les membres d’organismes de
prises de décision soient pour moitié des femmes; que dans les organismes
des pays du Nord, les représentants des pays du Sud aient droit au chapitre
et vice-versa : telles sont deux des nombreuses demandes formulées par les
310 participants venus de 73 pays au Colloque mondial sur le "Partage oecuménique des ressources" mis sur pied par le Conseil Oecuménique des Eglises du 24 au 31 octobre dernier à l’Escorial, près de Madrid.
Toute la discussion de ce Colloque a été marquée par un approfondissement biblique que l’on pourrait résumer dans ces termes, extraits du document final intitulé "Lignes directices en vue du partage" : "L’amour de
Jésus sur la croix, amour qui va jusqu’au renoncement de soi-meme, nous
amène à nous repentir et devient la force et le modèle de notre partage. La
présence du Seigneur resssuscité dans la puissance du Saint-Esprit nous
permet de renverser les barrières et de renouveler les structures pour la
venue du Royaume de Dieu, fait de justice et de paix".
Un véritable "code de conduite" pour les Eglises
Ce document, véritable "code de conduite" du partage pour les Eglises et
tous les organismes qui leur sont liés, affirme notamment : "Nous nous engageons à élaborer une nouvelle conception du partage dans laquelle les
personnes marginalisées (pour des motifs de sexe, d’age, de situation économique, d’origine ethnique, d’incapacité physique, et les sans-abri, les
demandeurs d’asile et les migrants) participent sur un pied d’égalité à
toutes les décisions et toutes les activités".
"Nous voulons mettre en place un système de valeurs fondamentalement
nouveau (différent de celui que révèlent l’ordre économique actuel, la menace nucléaire, la pollution industrielle, etc.) qui prenne en compte la
richesse des ressources humaines, les apports spirituels et culturels de
chacun et la richesse de la nature". Les participants s’engagent à "dénoncer énergiquement toute forme de partage qui va à l’encontre de la lutte
que le pauvres et les opprimés mènent dans leurs mouvements pour la justice
et la dignité humaine".
Le document final demande aux Eglises et organismes connexes d’appliquer
une nouvelle discipline. "Ainsi, les Eglises du Nord, par exemple, apporteraient leur appui et participeraient au mouvement anti-nucléaire actuellement en marche afin de contraindre leurs gouvernements à cesser les essais,
le déversement des déchets radioactifs, etc." Sur le modèle d’un contrat
mutuel, les représentants des pays du Sud participeraient aux réunions et
aux prises de décision du Nord touchant au partage des ressources et viceversa. Ceci transformerait les échanges en une relation "ou il n’y a ni donateurs sans besoins ni bénéficiaires incapables d’enrichir la vie
d’autrui".
Un des points, et non des moindres, de ce code de conduite, engage les
organismes chrétiens à "résister aux mécanismes internationaux (tels que
ceux du Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale) qui privent
les peuples du Sud de leurs ressources, et à contribuer bien plutot à une
répartition fondamentale et juste des richesses et des ressources, y
compris de celles des Eglises. (apic/spi/be)