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    Mali: Les élèves fuient la charia dans les écoles du Nord

    Code vestimentaire mis en place et mixité abolie

    Bamako, 26 Juin 2012 (Apic) La charia (loi islamique) pousse des milliers d’élèves du nord du Mali à quitter les écoles. Elle a été imposée de manière stricte par les rebelles islamistes. Des codes vestimentaires ont été mis en place, la mixité a été abolie et les matières susceptibles de favoriser "l’infidélité" ont été rayées du programme.

    Des parents scandalisés inscrivent leurs enfants dans d’autres écoles. Certains étudiants préfèrent ne pas passer leurs examens plutôt que d’étudier dans ces conditions, a rapporté l’IRIN, le service d’information du Bureau des affaires humanitaires des Nations Unies, le 25 juin 2012.

    Les islamistes "terrorisent les enfants" avec leurs nouvelles lois, estime un instituteur à Tombouctou, Boubacar Sissoko. "Ils ont instauré leur propre programme, avec de nouvelles matières comme l’enseignement de l’islam et des séances de prière collective qu’ils dirigent eux-mêmes". Son école ne compte plus que 107 élèves sur les 429, depuis l’arrivée des islamistes dans le nord en mars dernier.

    Selon le ministère malien de l’Education, environ 5’000 élèves ont changé d’école pour s’inscrire à Bamako ou dans d’autres villes du sud du pays. Le conflit, la sécheresse, l’insécurité alimentaire et maintenant l’imposition de la charia ont causé le déplacement de quelque 146’900 personnes au Mali, estime le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

    Nouveau système scolaire imposé

    Dans les villes de Tombouctou et de Gao, les groupes radicaux musulmans d’Ansar Dine (les défenseurs de la religion), son allié Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), ceux du Mouvement pour l’unicité et la jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ont imposé un nouveau système scolaire.

    "Ils ont non seulement imposé un nouveau système éducatif et séparé les filles et les garçons dans les classes, mais ils ont également fait des groupes: les garçons étudient le matin et les filles l’après-midi", a déclaré le directeur de l’enseignement de Tombouctou, Abou Bacri Cissé.

    Dans les écoles de Gao, "les garçons s’assoient devant et les filles derrière, comme à la mosquée", a précisé le journaliste Beydi Koné à IRIN.

    "On nous fouille tous les jours avant d’entrer en cours par crainte que nous enseignons des matières prohibées par leur charia. Ils nous interdisent d’enseigner certaines matières comme la biologie, la philosophie et l’éducation civique, sous prétexte qu’elles favorisent l’infidélité", selon Amahane Touré, enseignante à Gao. Ses cours de français de 8e et 9e année sont suivis par 21 élèves, dont trois filles. Auparavant, elle avait 69 élèves, parmi lesquels 19 filles.

    La population n’est pas épargnée

    Tous les habitants sont concernés par ces lois islamiques draconiennes. La télévision est prohibée. Les hommes n’ont plus le droit se raser la barbe, ni de fumer du tabac. Les filles sont contraintes de porter des djellabas ou des robes couvrant tout le corps. (apic/irin/id/amz/ibc/ggc)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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