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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Premières impressions du cardinal Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles

    Clôture du 8e Symposium des évêques à Prague (130993)

    Malines, 13septembre(APIC) Le 8e Symposium des évêques européens qui

    s’est tenu à Prague du 7 au 12 septembre sur le thème "Vivre l’Evangile

    dans la liberté et la solidarité", a favorisé d’intéressantes rencontres

    entre évêques, prêtres, religieux et laïcs. Mais on ne peut pas attendre

    d’une assemblée de 300 personnes qu’elle parvienne, en quelques jours, à

    des conclusions percutantes, estime le cardinal belge Godfried Danneels.

    Premières impressions de l’archevêque de Malines-Bruxelles à l’agence de

    presse catholique belge CIP.

    Malgré un programme très chargé et l’écoute parfois pénible de plusieurs

    rapports d’affilée, le cardinal Danneels ne revient pas déçu de Prague, en

    tous cas pas déçu des rencontres faites. "Pour le reste, affirme-t-il, je

    savais dès le départ qu’on n’allait pas faire un travail génial. Mais il ne

    faut pas multiplier ce genre d’assemblée: il faudrait plusieurs mois et des

    travaux en une dizaine de langues pour aboutir à des conclusions concrètes".

    Attention aux clichés

    A s’en tenir aux grands aperçus généraux, on ressasse volontiers les

    clichés, sans sortir des clivages faciles entre l’Est et l’Ouest. "Sur le

    plan de la liberté comme sur celui de la solidarité, il y a des différences

    énormes au sein même de l’Europe de l’Est, tout comme à l’Ouest. Il y a des

    gens libres à l’Est et des gens peu libérés à l’Ouest. L’Albanie n’est pas

    la Pologne et la Scandinavie n’est pas le Portugal. Il faudrait pouvoir

    faire une opération vérité sur ces réalités".

    Les échanges du Symposium sur la liberté ont souligné la nécessité de

    promouvoir à la fois la liberté intérieure et la liberté extérieure. Des

    laïcs ont aussi plaidé pour une plus grande liberté dans l’Eglise, non sans

    provoquer des réactions de certains évêques qui jugeaient certaines critiques unilatérales.

    Ne pas se contenter d’énoncer de grands principes moraux

    Le cardinal Danneels avait préparé un exposé qu’il a modifié sur place

    pour rompre avec la tournure trop abstraite des débats. Il a proposé, en

    vue d’un travail en groupes, une réflexion plus concrète sur la solidarité.

    "Sur le plan de la solidarité matérielle, il ne faut pas simplifier les

    choses, estime-t-il. Tout le monde n’est pas riche à l’Ouest, ni pauvre à

    l’Est. De plus, quand on parle du partage des biens matériels entre l’Est

    et l’Ouest, il ne faut pas perdre de vue qu’il y a des lois du marché. La

    foi ne peut traiter directement des problèmes économiques. Les économistes

    ont leur compétence propre. Mais les Eglises doivent être la conscience

    éthique de la politique, de l’économie et du marché. Non en se contentant

    d’énoncer de grands principes moraux, mais en essayant de convertir les

    coeurs. Ce qui est autrement difficile".

    "Il faut aussi promouvoir la solidarité spirituelle. On en parle volontiers. Mais j’aimerais qu’on spécifie: quelles sont les richesses spirituelles respectives de l’Est et de l’Ouest, mais aussi leurs pauvretés? Ceci suppose aussi une opération vérité".

    L’approche paradoxale de la vérité

    "J’ai également souligné la solidarité dans l’unique vérité. A Prague,

    les uns ont fait valoir le point de vue des sciences humaines, d’autres celui de la théologie. Certains ont plaidé pour l’ouverture de l’Eglise au

    monde, d’autres ont insisté pour que l’Eglise ne perde pas son identité. On

    a aussi parlé de l’unique vérité dans le Christ, tout en se laissant interpeller par le dialogue avec les autres religions. La vérité n’est jamais

    simple. Certes la vérité n’est pas plurielle, mais elle n’est pas non plus

    monolithique. Il ne faut pas s’excommunier mutuellement, mais chercher ensemble l’unique vérité. Certains pourraient penser que je défends la relativité absolue de la vérité. Pas du tout: la vérité est une, mais vue de

    Dieu. Quant à nous, nous nous n’avons pas le point de vue de Dieu. Notre

    approche de la vérité ne peut être que paradoxale".

    La solidarité, poursuit le cardinal Danneels, est également nécessaire

    pour la sauvegarde de la sécurité et de la paix. A propos de la Bosnie et

    de l’ex-Yougoslavie, l’archevêque de Malines-Bruxelles a reparlé des problèmes moraux liés à l’embargo. Tout en comprenant qu’il y ait un embargo

    sur les armes et le matériel militaire, il a souligné que cet embargo a des

    conséquences néfastes sur l’aide humanitaire et médicale. Il a également

    demandé qu’on s’interroge sur les liens entre une Eglise et une nation:

    "L’Eglise est universelle: elle n’a pas à s’identifier à une nation!"

    Ne pas former un couple stérile et jaloux

    Enfin, on ne peut pas rester à une solidarité à deux, entre l’Est et

    l’Ouest: "Ce serait former un couple stérile". Il faut donc, pour le cardinal Danneels, introduire un tiers: en l’occurence le tiers monde. "Sinon,

    nos travaux entre l’Est et l’Ouest dans le cadre du Conseil des Conférences

    épiscopales européennes (CCEE) risquent d’aboutir à des comparaisons éternelles, à de la surenchère, à de la jalousie. A quoi bon mettre de l’ordre

    dans notre maison commune en Europe si toutes les autres maisons de la planète sont en ruine?". (apic/cip/ba)

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