Malgré l'interdiction des célébrations publiques, quelques personnes ont trouvé dimanche 15 mars le chemin de la cathédrale de Fribourg où elles ont été reçues par le prévôt émérite Claude Ducarroz.
A l'heure
de la messe, quelques rares personnes sont dans la cathédrale. Deux dames
étudient l'avis affiché à l'entrée. "Le monsieur là m'a dit que la messe était
supprimée" "Tu ne le savais pas? Et les
bénitiers sont vides. C'est à
cause du virus". L'homme au fond de l'église se lève et s'adresse aux deux
femmes. C'est le chanoine Claude Ducarroz, ancien prévôt de la cathédrale. Il
leur explique la situation et les deux fidèles prennent congé.
"C'est
un désastre et pour moi une grande souffrance. Car la messe du dimanche est la
force qui tire l'Eglise", explique le prêtre au journaliste de kath.ch. "Il
qualifie la suppression des messes 'd'infarctus spirituel'.
Claude Ducarroz
a voulu être présent à l'heure des messes habituelles à la cathédrale pour
accueillir et informer les gens. La messe de 10h15 draine un public de fidèles
très réguliers plutôt âgé. Celle du soir à 20h30, souvent célébrée par Mgr
Charles Morerod, rassemble un public plus nombreux et plus jeune.
"Heureusement,
durant la semaine nous célébrons deux messes qui seront diffusées sur internet.
Le matin à 7 h et le soir à 19h mais sans la présence de fidèles. Nous faisons ce
que nous pouvons. Mais cela me rend triste. Célébrer une messe tout seul n'est
pas bon. Le prêtre ne célèbre pas la messe pour lui mais pour la communauté".
Malgré
les restrictions la cathédrale, comme les autres églises, reste ouverte toute
la journée pour les personnes qui souhaitent s'y recueillir.
"Nous avons célébré la messe à huis-clos"
Les dominicains
du couvent St-Hyacinthe, à Fribourg, ont célébré derrière les portes closes de
leur chapelle. "Aujourd'hui, la
communauté a fait une expérience qui est très inhabituelle. Nous avons
célébré la messe à huis-clos. Obéissant à la décision de notre évêque,
nous allons prier ainsi pendant de nombreuses semaines, tout au long du Carême,
de la Semaine Sainte et de Pâques."
Une des premières contributions ainsi offerte est l'homélie du frère Adrian Schenker, spécialiste renommé de l'Ancien Testament. A la lumière de la Bible il s'interroge sur la question Y a-t-il un sens spirituel à ce fléau moderne?
"Vous pouvez vous attendre à plus de contenu
de notre chapelle dans les prochains jours. Nous voulons être avec tous nos amis,
au moins de manière virtuelle, et accompagner tous ceux qui sentent le
besoin d'un soutien particulier en cette période difficile, expliquent les
frères."
Y a-t-il un sens spirituel à ce fléau moderne?
"La
parole de Dieu parle d’un bout à l’autre du salut que nous recevons de Dieu. Il
y a peu de mots qui reviennent si souvent comme sauver, aider, guérir,
éclairer, conforter, protéger, garder, répondre, écouter, guider, entourer,
etc. dans la Bible", explique le Frère Adrian
"Devons-nous de nouveau apprendre à recourir à Dieu dans nos besoins? A lui dire avec foi et humilité: Seigneur, sauve-nous, nous périssons! Dans l’Ancien Testament, Dieu porte le beau titre «Médecin d’Israël» (Exode 15,26) et le Psaume 102,3 (Ps 103,3) exprime sa conviction croyante: «Le Seigneur te guérit de toute maladie».
Pour le
dominicain, "le savoir médical moderne n’exclut pas la prière. Les deux ne
sont pas en concurrence, ils vont de pair dans la vie des croyants. Car
guérison et maladie peuvent être toutes deux des voies par lesquelles Dieu
sauve toute la personne humaine, dans son corps et dans son âme."
N’est-ce pas la tentation moderne, en face de tout ce que les hommes ont découvert et savent faire, que d’imaginer l’homme souverain et maître de tout, capable de venir à bout de tous les problèmes? N’est-il pas beaucoup plus heureux de pouvoir dire avec la foi: j’ai de nombreux besoins qui me dépassent, et dépasseront toujours, mais j’ai un recours en Dieu? (cath.ch/mp)