Cisjordanie : la ville chrétienne de Beit Sahour étranglée (111089)
Jérusalem, 11octobre(APIC) Depuis plus de deux semaines, dans l’indifférence générale de l’opinion publique internationale, la ville chrétienne de
Beit Sahour, près de Bethléem, dans les territoires occupés, est sous couvre-feu et les commerces, les fabriques, les pharmacies et les maisons individuelles sont pillés par les percepteurs d’impôts protégés par l’armée israélienne, déplorent les Eglises chrétiennes de Jérusalem. Sept consuls
occidentaux, invités par le maire de Beit Sahour, ont même dû rebrousser
chemin vendredi passé.
La ville, qui compte quelque 15’000 habitants, aux trois-quarts chrétiens (catholiques latins, grecs-orthodoxes et grecs-catholiques melkites
pour la plupart), est en état de désobéissance civile et ne veut plus payer
des "impôts imaginaires" à l’occupant israélien. "C’est une sorte de punition collective, déclare le Père Joseph Saghbini, curé de la paroisse grecque-catholique de Jérusalem et bras droit de Mgr Lutfi Laham, vicaire patriarcal melkite de Jérusalem", qui relève qu’à Beit Sahour, tout le monde
est uni - chrétiens et musulmans - car tout le monde est visé. "Les gens
sont tellement révoltés, a-t-il déclaré jeudi à l’agence APIC : ils doivent
payer des milliers dinars de taxes alors qu’ils n’ont plus de rentrées depuis le début de l’intifada... C’est impossible à payer, il n’y a pas de
base légale et il n’y a pas de possibilité de discuter, d’argumenter; les
percepteurs menacent, ils viennent avec des camions, escortés par l’armée,
vident de force les magasins, les pharmacies, prennent les outils, les meubles dans les maisons, les frigos, la tv...".
Les gens sont décidés : plus de retour en arrière
Pour le Père Joseph, les gens de Beit Sahour sont déterminés à poursuivre leur désobéissance civile jusqu’au bout, "prêts même à ne plus manger, à
dormir par terre, dans des tentes, car ils sont très attachés à leur terre,
et de son côté le ministre de la défense israélien a déclaré qu’il était
prêt à mettre Beit Sahour sous couvre-feu durant deux mois s’il le faut,
pour que Beit Sahour ne soit pas un exemple pour d’autres villes". Le curé
de la paroisse melkite de Jérusalem, qui ne peut se rendre dans la ville
sous couvre-feu, souligne que les Eglises ne peuvent développer normalement
leurs activités : les écoles sont fermées, les séminaristes et les professeurs qui ne sont pas de Beit Sahour ne peuvent se rendre au séminaire et
l’inauguration du nouveau grand séminaire grec-catholique prévu pour ces
prochains jours ne pourra se faire.
"Notre combat est un combat pour la vie et la dignité humaine", lance le
Père Joseph, qui souhaite que l’appel du Patriarche latin Mgr Michel Sabbah
en faveur de Beit Sahour, appuyé par les grandes Eglises de Terre Sainte,
reçoive un accueil au niveau international. (apic/be)