Le secrétariat général du Synode a publié le 7 juillet 2025 un document intitulé « Pistes pour la phase de mise en œuvre du Synode ». Léon XIV a approuvé par ailleurs la création de deux nouveaux groupes de travail dans le cadre de ce vaste processus visant à rendre l’Église catholique plus inclusive, participative et moins cléricale.
L’agence I.MEDIA propose de revenir en date sur le Synode sur la synodalité – également appelé « Synode sur l’avenir de l’Église » – initié par le pape François, et poursuivi par Léon XIV. Ce véritable chantier de réforme est jalonné de rendez-vous jusqu’en 2028.
29 juillet 2013 : Quelques mois après son élection, interrogé dans l’avion qui le ramène de Rio de Janeiro (Brésil) à Rome, le pape François révèle que parmi les « nombreuses réformes » proposées à la veille du conclave qui l’a élu en mars, figure celle de la « méthodologie » du secrétariat du Synode. Il évoque la possibilité de donner « un caractère de consultation permanent » à la structure.
24 novembre 2013 : Dans sa première exhortation apostolique, Evangelii gaudium, considérée comme la feuille de route de son pontificat, le pape glisse déjà le terme « synodalité », invitant à la « décentralisation », et à repenser le rôle des conférences épiscopales.
6 octobre 2014 : Au tout début des travaux du Synode sur la famille – qui durera sur deux ans et aura deux assemblées en octobre 2014 et octobre 2015 – le pape François invite les quelque 250 participants à « parler clairement », et à accueillir « avec humilité » ce que disent les autres. « Il faut tout dire, tout ce que l’on ressent avec liberté de parole », insiste-t-il. Le pontife pose les bases de ce qu’il demandera ensuite à toute l’Église au moment du Synode sur la synodalité.
17 octobre 2015 : Lors d’une cérémonie marquant le 50e anniversaire de l’institution du Synode des évêques, François définit la « synodalité » comme « le chemin que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire ». Il appelle de ses vœux une « décentralisation salutaire » de l’institution. « Ce que le Seigneur nous demande […] est déjà contenu entièrement dans le mot synode. Marcher ensemble – laïcs, pasteurs, évêque de Rome – est un concept facile à exprimer en paroles, mais pas si facile à mettre en pratique », souligne le 266e pape.
22 décembre 2016 : En présentant ses vœux à la Curie romaine, le pontife détaille les 12 critères qui doivent guider la réforme de la Curie et explique qu’il souhaite fonder sa réforme sur la synodalité.
3-28 octobre 2018 : Le pape François lance un Synode sur “les jeunes, la foi et le discernement vocationnel”. Les travaux déboucheront sur l’exhortation apostolique post-synodale Christus vivit. Certaines thématiques seront reprises dans l’actuel Synode sur la synodalité, comme la nécessité d’écouter les laïcs.
6-27 octobre 2019 : À Rome, se tient l’assemblée du Synode sur l’Amazonie intitulé “Nouveaux chemins pour l’Église et pour une écologie intégrale”. Là aussi, des thématiques seront reprises lors du Synode sur la synodalité, comme la place des femmes et la participation des laïcs dans la vie de l’Église.
7 mars 2020 : Le pape convoque la XVIe assemblée générale ordinaire du Synode des évêques pour l’année 2022, sur le thème « Pour une Église synodale : communion, participation et mission ». Le « Synode sur la synodalité » est lancé officiellement.
5 septembre 2020 : Le Synode sur la synodalité s’inscrit dans la « juste » continuation du Synode des jeunes, explique le pape François dans une préface à un livre sur la pastorale des jeunes. Durant le Synode de 2018, les jeunes ont permis à l’Église de redécouvrir « sa nature synodale », déclare-t-il.
15 septembre 2020 : Le prélat maltais Mario Grech est nommé secrétaire général du Synode. L’ancien évêque de Gozo est créé cardinal par le pape François quelques semaines plus tard.
6 février 2021 : Nomination de la religieuse xavière Nathalie Becquart, au poste de sous-secrétaire – numéro 3 – du Synode des évêques. Cette nomination « historique » fait de la Française la première femme à pouvoir voter lors d’un Synode des évêques. « Une porte a été ouverte », déclare le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode des évêques.
24 avril 2021 : Le projet du Synode sur la synodalité initialement prévu en 2022 évolue. Le pape François approuve le lancement d’un nouvel itinéraire synodal qui doit débuter en octobre 2021 et aboutir à Rome en octobre 2023. Ce processus synodal d’une ampleur inédite de deux ans doit s’articuler en trois phases – locale, continentale, universelle.
8 juillet 2021 : Le pape François nomme le cardinal luxembourgeois Jean-Claude Hollerich rapporteur général du Synode sur la synodalité.
9-10 octobre 2021 : Inaugurant officiellement le ‘chemin synodal’, le pape invite à « transformer certaines visions verticales, déformées et partielles de l’Église, du ministère presbytéral, du rôle des laïcs, des responsabilités ecclésiales, des rôles de gouvernement » et à faire une plus grande place aux « femmes qui sont encore souvent à la marge ». Il exhorte à « devenir une Église de l’écoute ».
17 octobre 2021 : Lancement de la première phase du Synode au niveau local. Tous les diocèses du monde sont invités à mener des consultations diocésaines qui s’appuient sur un document préparatoire, un questionnaire et un vademecum. Les réalités locales ont jusqu’au mois d’avril 2022 pour envoyer leurs réponses à Rome.
Été 2022 : Le Vatican lance une consultation numérique à laquelle s’associent près de 250 influenceurs catholiques du monde entier. Le Vatican revendique 20 millions de personnes potentiellement touchées et 150.000 contributions au Synode.
15 août 2022 : Conclusion de la première phase locale. 112 conférences épiscopales sur 114 se sont prêtées au jeu. À partir de leurs contributions, ainsi que celles des Églises orientales, des Unions internationales des religieux, et des dicastères de la Curie romaine, des experts de tous les continents doivent à présent rédiger un document de base qui servira pour la phase suivante.
Septembre 2022 : Début de la phase numéro 2, dite continentale. Sept assemblées sont prévues par zone géographique (Europe, Amérique latine, Afrique, Asie, Océanie, Amérique du Nord et Moyen-Orient). Chaque assemblée doit rédiger un document final qui sera envoyé à Rome avant le 31 mars 2023.
5 septembre 2022 : Dans un entretien à la télévision portugaise TVI, le pape décrit le Synode sur la synodalité comme une « théologie du chemin ». Il exhorte à sortir de la logique du « parlement » et à repousser la tentation d’une « guerre ecclésiastique ».
16 octobre 2022 : À l’angélus, le pape annonce que le processus synodal sera prolongé d’une année afin de donner plus de « temps de discernement » à l’Église. L’assemblée générale du Synode sur la synodalité, initialement prévue en octobre 2023 au terme de deux ans de travaux, aura finalement lieu en deux séquences : du 4 au 29 octobre 2023, puis en octobre 2024, indique-t-il.
27 octobre 2022 : Publication du Document de travail pour l’étape continentale élaboré grâce aux synthèses locales. Le texte n’élude pas les difficultés de tous les sujets abordés – place des femmes et des jeunes dans l’Église, souffrance des prêtres, débats autour de la liturgie, situations des divorcés remariés, polygamie, LGBT, abus. Il assume même une certaine critique de la démarche synodale – qui n’a pas su par exemple mobiliser largement les jeunes.
5-9 février 2023 : Quelque 200 personnes – et 400 en ligne – participent au sommet européen de l’étape continentale du Synode sur l’avenir de l’Église, à Prague, en République tchèque. Au terme de cette rencontre organisée par le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE), les Églises d’Europe dressent une liste de huit priorités qu’elles entendent porter à Rome. Ce document, avec celui des 6 autres assemblées continentales, doit servir à rédiger l’Instrument de travail de la première session romaine.
26 avril 2023 : Le Secrétariat général du Synode des évêques annonce un changement historique pour l’assemblée prévue à Rome en octobre : en plus des évêques, 80 catholiques non-évêques, dont au moins la moitié de femmes, auront le droit de vote, en tant que membres.
20 juin 2023 : Le Synode des évêques publie l’Instrumentum Laboris (IL), un instrument de travail censé guider les 365 membres de l’assemblée synodale d’octobre. Le rapport à l’autorité, la place des femmes ou bien l’intégration des minorités blessées dans l’Église comptent parmi les sujets les plus saillants de ce document non programmatique.
2 octobre 2023 : Cinq cardinaux conservateurs – Brandmüller, Burke, Sandoval Íñiguez, Sarah et Zen – formulent leurs doutes (« dubia », en latin) au pape François à la veille de l’ouverture de la session d’octobre du Synode. Ils lui demandent notamment une clarification quant à l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité et l’interrogent sur la possibilité ou non que des femmes puissent un jour devenir prêtres. Le dicastère pour la Doctrine de la foi répond dans la journée en rendant publique une lettre du pape François invitant notamment à une « prudence pastorale » sur la question des bénédictions de couples homosexuels, demandant aux conférences épiscopales de ne pas établir de norme générale sur ce sujet.
4-29 octobre 2023 : Troisième phase du Synode à Rome, celle de l’Église universelle. Selon la volonté expresse du pape de préserver les débats, les 365 membres de la première Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques se réunissent pendant un mois à huis-clos. Si des briefings sont organisés par le Bureau de presse du Saint-Siège, ceux-ci restent institutionnels, et les membres sont tenus à la discrétion sur les contenus des échanges advenus autour des tables rondes de la Salle Paul VI.
25 octobre 2023 : Quelques jours avant le terme de l’assemblée, publication d’une lettre à destination du « peuple de Dieu » dans laquelle les membres du Synode enjoignent les chrétiens à « se mettre à l’écoute de celles et ceux qui n’ont pas droit à la parole dans la société ou qui se sentent exclus, même de la part de l’Église ».
28 octobre 2023 : Les membres du Synode sur l’avenir de l’Église votent un Rapport de Synthèse qui doit guider l’Église catholique jusqu’à la prochaine et dernière session du Synode en octobre 2024. Le texte d’une quarantaine de pages évoque des propositions concrètes sur des sujets parfois brûlants comme le diaconat féminin, les nouveaux ministères laïcs, le contrôle des évêques. La question relative à l’accueil des personnes LGBT a été évacuée.
18 décembre 2023 : Publication de Fiducia supplicans, une déclaration du dicastère pour la Doctrine de la foi qui ouvre la porte à la bénédiction des couples en situation irrégulière et aux couples de même sexe. Le texte, qui n’entend pas légitimer les unions irrégulières aux yeux de l’Église mais proposer une « charité pastorale », provoque une levée de boucliers dans l’Église catholique, en particulier en Afrique où les évêques d’une large partie du continent refusent de l’appliquer – ce que Rome finit par accepter. La publication sans préavis de Fiducia supplicans est critiquée par certains pour son caractère non synodal.
14 mars 2024 : Sans attendre les résultats de la conclusion du Synode sur la synodalité, le pape François institue des groupes de travail sur des sujets cruciaux, qui ont plus d’un an pour rendre leurs rapports. Le pontife choisit d’extraire des débats les questions controversées – partage de la gouvernance, place des évêques, réforme des séminaires, accès des femmes au diaconat, etc. Les organisateurs du Synode interprètent ce geste du pape comme une réponse aux questions soulevées durant la première session romaine et une façon de pouvoir y répondre plus en profondeur.
29 avril-2 mai 2024 : Pour pallier le manque d’investissement du clergé dans le Synode, près de 200 prêtres de 99 pays, se réunissent à Sacrofano, au nord de Rome, afin de préparer l’assemblée d’octobre. Ils se penchent notamment sur la gouvernance et le partage des responsabilités dans l’Église. À la clôture de la rencontre, le pape François adresse une lettre aux curés du monde entier les exhortant à se mobiliser dans ce processus.
21 mai 2024 : Le pape François écarte clairement la possibilité d’ordonner des femmes diaconesses, dans un entretien à la chaîne américaine CBS. Sa prise de position sur l’un des thèmes les plus débattus dans l’Église aujourd’hui suscite l’étonnement.
9 juillet 2024 : Publication de l’Instrumentum laboris (IL) qui doit guider les travaux de la seconde assemblée d’octobre. Le document invite à concevoir de nouveaux processus de participation et à développer les ministères pour les laïcs, notamment pour les femmes – mais écarte le diaconat féminin des discussions. La possibilité pour des laïcs de prêcher l’homélie lors des messes sera notamment étudiée.
Du 2 au 27 octobre 2024 : Deuxième session romaine du Synode sur la synodalité avec 368 membres (25% ne sont pas évêques). Selon le même modèle qu’en octobre 2023, les discussions se font à huis-clos et les membres sont tenus à la discrétion. Dès le premier jour, les 10 groupes de travail décidés par le pape présentent au Synode l’état de leurs études. Le groupe numéro 5, confié au dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF) et chargé de réfléchir au rôle des femmes, provoque la déception de certains : le cardinal préfet Victor Fernández déclare qu’il n’est pas possible de répondre favorablement à l’établissement d’un diaconat féminin même si « l’opportunité de poursuivre le travail d’approfondissement reste ouverte ».
18 octobre 2024 : Deux personnes du DDF se rendent disponibles pour recevoir des réflexions sur le thème du diaconat féminin de la part des participants au Synode. Mais l’absence du cardinal Fernández soulève les protestations. Le 21 octobre, le préfet s’explique devant les membres et défend la décision du pape de ne pas intégrer la question du diaconat féminin au programme du Synode. Le 24 octobre, preuve que ce sujet critallise les débats, il rend compte à nouveau des travaux du groupe numéro 5 lors d’une rencontre avec les participants.
26 octobre 2024 : Vote du document final par les 356 membres de l’assemblée réunis dans la salle Paul VI du Vatican. Fait rare : le pape François déclare immédiatement qu’il l’approuve « expressément » et qu’il ne produira pas d’exhortation apostolique post-synodale. Le texte entre donc dans le magistère du pape. De nombreuses incitations et propositions parsèment ce document composé de 155 paragraphes, qui a fait l’objet d’un millier d’amendements. Le texte confirme la volonté de voir les laïcs monter en responsabilité dans la gouvernance des paroisses et des diocèses.
13 décembre 2024 : Le pape François nomme deux femmes (la religieuse italienne Simona Brambilla, et la laïque argentine Maria Lia Zervino) au sein de l’équipe du Conseil ordinaire du secrétariat général du Synode, qui supervise la préparation et la tenue des Synodes des évêques – et est chargé de la mise en œuvre du Synode sur la synodalité. Une nouveauté qui va dans le sens de l’inclusion des laïcs dans la gouvernance, puisque cette structure était jusqu’à présent constituée d’évêques.
Du 3 au 7 février 2025 : Réunion de la deuxième Commission d’étude instituée par le pape François sur le diaconat féminin. Ses membres ont été convoqués pour plancher sur les contributions que le dicastère pour la Doctrine de la foi a reçues à la suite du Synode. Les travaux, que les membres du Synode ont demandé à pouvoir consulter, sont strictement couverts par le secret pontifical.
15 mars 2025 : Nouveau rebondissement inattendu. Le Vatican annonce que le pape François a décidé de lancer une phase d’évaluation de la mise en œuvre du Synode sur la synodalité. Signe de la volonté du pontife de 88 ans d’inscrire dans la durée les réformes qu’il souhaite au niveau de la gouvernance de l’Église : il a donné son approbation à ce projet le 11 mars, depuis l’hôpital Gemelli où il se trouvait hospitalisé pour une grave infection respiratoire. Un parcours de réunions diocésaines et continentales est annoncé, ainsi qu’une assemblée ecclésiale mondiale – la première du genre – prévue à Rome en 2028.
30 juin 2025 : Le secrétariat général du Synode annonce que les dix groupes de travail chargés d’étudier des thématiques délicates dans le cadre du Synode sur la synodalité rendront finalement leurs conclusions le 31 décembre 2025 et non en juin comme cela était prévu. Après la mort de François et l’élection de Léon XIV, le chantier de la réception du Synode sur la synodalité se poursuit. Le nouveau pape est particulièrement au fait de l’actualité synodale puisqu’il a participé aux deux sessions d’octobre 2023 et 2024.
7 juillet 2025 : Léon XIV accepte la création de deux autres groupes d’études dont l’un est consacré à « la liturgie dans une perspective synodale », et le second au « statut des conférences épiscopales, des assemblées ecclésiales et des conciles particuliers ». Le secrétariat général du Synode publie des « Pistes pour la phase de mise en œuvre du Synode », encourageant les diocèses à « expérimenter des pratiques et des structures renouvelées » au cours des 18 prochains mois. (cath.ch/imedia/ak/hl/mp)