Chine : première ordination épiscopale en langue chinoise (041289)
Hong Kong, 4décembre(APIC) Pour la première fois en Chine, la messe
d’ordination d’un évêque catholique a été dite en langue chinoise, alors
que la langue habituellement utilisée pour les liturgies est toujours le
latin malgré les changements apportés partout ailleurs par le Concile
Vatican II, vient-on d’apprendre à Hong Kong.
Mgr Joseph Hou Jinde, 71 ans, un évêque de l’Eglise "patriotique" - la
seule reconnue par le gouvernement de Pékin - a en effet été ordonné en octobre dernier évêque de Xingtai, dans la province de Hebei, et la messe a
été dite en chinois, a révélé une source catholique de cette région du nord
de la Chine. L’Eglise catholique officielle du diocèse de Xingtai compte 26
prêtres et quelque 50’000 fidèles, mais l’Eglise clandestine, dirigée par
un évêque ordonné secrètement, Mgr Michael Xiao Liren, est également très
présente dans la région.
Un observateur de l’Eglise de Chine à Hong Kong a affirmé que des messes
en chinois ont déjà été dites dans plusieurs diocèses ces dernières années,
mais qu’elles n’avaient été acceptées officiellement qu’en 1988. Une Commission pour la réforme liturgique a bien été mise sur pied en 1986 par la
Conférence épiscopale de Chine (il s’agit toujours ici de l’Eglise "patriotique", l’Eglise clandestine utilisant souvent du matériel liturgique plus
récent apporté de Hong Kong, Taïwan ou Singapour) et est sous la responsabilité de Mgr Bernardine Dong Guangdong, évêque de Hankou, dans la province
centrale de Hubei.
Les observateurs notent que l’ordination de Mgr Hou est une avancée dans
la réforme liturgique, mais qu’elle se met difficilement en place en raison
du manque de matériel liturgique imprimé en Chine et du problème des effectifs : de nombreux évêques sont très âgés (souvent autour des 80 ans).
D’autre part, les fidèles d’un certain âge - ceux qui ont vécu les persécutions des années 50 ou de la Révolution culturelle - ont payé le prix fort
pour rester catholiques, et ils ont de la difficulté à accepter les réformes liturgiques : "les fidèles sont très soucieux de la tradition, confiait
l’an dernier un prêtre de Shanghaï interviewé par l’agence APIC, et si on
change un petit quelque chose, ils croient qu’on leur change la religion".
(apic/ucan/be)