"carte d’identité religieuse" dans certaines régions du pays
Vive protestation de l’organe de l’Eglise protestante "officielle"
Pékin, 4mai(APIC) La revue "Tian Feng", organe de l’Eglise protestante
"officielle", condamne vigoureusement la pratique instituée par certains
bureaux régionaux des Affaires religieuses d’obliger les chrétiens à posséder une carte d’identité religieuse.
Dans certains districts, explique la revue dans son numéro d’avril, les
chrétiens ont été obligés d’acheter des cartes d’identité religieuse sous
peine de se voir accusés d’être "des croyants illégaux". Le Mouvement des
trois autonomies, équivalent protestant de l’Association patriotique des
catholiques, a demandé une enquête à ce sujet au Conseil d’Etat. Suite à
cet appel, les autorités locales concernées ont changé l’appellation des
cartes incriminées, qui sont devenues des "engagements patriotiques des
croyants". La fonction des cartes est cependant restée la même.
L’auteur de l’éditorial de "Tian Feng" décrit cette politique comme une
"méthode de contrôle absurde et insensée". Il rappelle qu’en Chine, politique et religion sont censées être séparées mais qu’il apparaît aujourd’hui
que "l’Etat veut lui-même gérer les affaires religieuses". Si la religion
et la politique sont séparées, demande-t-il, comment le gouvernement peutil admettre cela?
Un autre argument mis en avant par l’éditorial est que, selon la Constitution chionoise, la religion d’un citoyen est affaire privée et n’est pas
du ressort de l’Etat. Il n’y a donc aucune raison pour que la religion d’un
citoyen soit approuvée ou désapprouvée par le moyen d’une carte d’identité
spéciale. La question, poursuit l’article, est totalement différente de
celle des organisations religieuses qui, en tant que telles, doivent être
officiellement enregistrées, ce qui est normal et pratique courante dans
beaucoup de pays.
Faciliter la gestion
L’une des raisons données par les autorités incriminées en faveur d’une
carte d’identité religieuse est qu’elle facilite la gestion des affaires
religieuses. "Tian Feng" rejette cet argument car il en résulte que "les
croyants sont traités comme de dangereux éléments placés sous surveillance". "Il y a aujourd’hui encore des cadres du gouvernement, "accuse "Tian
Feng", qui considèrent les croyants comme des éléments dangereux dont il
faut se méfier partout et toujours; ces gens croient que les croyants sont
toujours prêts à enfreindre la loi et à commettre un crime sous n’importe
quel prétexte; il faut donc les contrôler et les garder sous surveillance
grâce à ces cartes d’identité spéciales".
Un autre document critiqué par "Tian Feng" est le "certificat du croyant
catholique ou protestant", qui, dans certaines régions, va jusqu’à préciser
quel lieu de culte le croyant peut ou ne peut pas fréquenter.
Cet éditorial de "Tian Feng" confirme, après certains autres événements
tels que la disgrâce de Mgr Ding Guangxun, que les relations de l’Eglise
protestante "officielle" avec le gouvernement et le Parti ne sont plus au
beau fixe. (apic/eda/cb)