Hong Kong/Paris, 20avril(APIC) Mgr Etienne Liu Difen, évêque d’Anguo dans
le Hebei en Chine est mort le 14 novembre 1992 à l’âge de 80 ans sans avoir
été revu depuis son arrestation deux ans plus tôt. La nouvelle connue depuis quelques temps de sources proches de l’Eglise "clandestine" de Chine a
été confirmée par deux fonctionnaires du bureau des affaires religieuses de
la province de Hebei dans le Shijiazhuang qui se sont refusés à donner
d’autres informations.
Selon un document diffusé par "l’Eglise fidèle de Chine continentale"
parvenu récemment à Hong Kong, et transmis par "Eglises d’Asie", Mgr Liu
est décédé dans des circonstances suspectes. Le 2 novembre, le chef du bureau local des affaires religieuses a prévenu la famille de l’évêque que
Mgr Liu était malade et qu’on allait à sa demande le ramener chez lui. Une
dizaine de jours plus tard, apprenant qu’il était au plus mal, deux de ses
neveux se rendirent à l’hôpital du district de Kuancheng, région montagneuse de l’extrême nord du Hebei. Il trouvèrent Mgr Liu Difen sans connaissance. Il devait décéder deux jours plus tard.
"Le comble de notre peine, poursuit le document a été de trouver sur lui
des blessures. Quand nous avons changé ses vêtements, tout son corps portait la trace de lésions: beaucoup de cicatrices sur l’épaule gauche, une
plaie sur la jambe droite et des plaies non-cicatrisées: deux au milieu du
dos, une sous l’aisselle gauche."
Selon le document, malgré le contrôle de autorités civiles, un évêque
clandestin, quatorze prêtres et plus de trois mille catholiques ont participé aux funérailles.
Les auteurs du texte se disent préoccupés du sort de trois autres évêques clandestins du Hebei, Mgr Pierre Chen Jianzhang de Baoding, Paul Liu
Shuhe, de Yixian et Cosme Shi Enxiang, de Yixiang.
Etienne Liu Difen était né en 1912. Ordonné prêtre en 1939, il acquiert
également une formation de médecin. Pendant la guerre sino-japonaise
(1937-1945), il est directeur d’une école secondaire catholique. En 1951,
il est arrêté une première fois pour avoir refusé de se joindre au mouvement dit des trois autonomies. Une fois libéré, il travaille à l’hôpital
communal de Anguo. A nouveau persécuté durant la Révolution culturelle
(1966-1976), il peut reprendre son emploi de médecin à Anguo en 1980.
S’étant retiré en 1984, il se consacre pleinement à l’évangélisation. En
1988, il est ordonné évêque du diocèse de Anguo sans l’autorisation des autorités. Arrêté en 1990, on n’a plus de nouvelle de lui jusqu’à sa mort.
(apic/eda/mp)