Chine: Mauvaise formation dans les séminaires (030889)
Hong Kong, 3août(APIC) Un évêque du sud de la Chine vient de dénoncer la
mauvaise formation dispensée dans les séminaires catholiques en Chine populaire, révèle l’agence de presse catholique UcaNews à Hong Kong. Cet évêque, qui a souhaité garder l’anonymat, estime que les séminaristes chinois
reçoivent une éducation dépassée qui ne leur permet pas de faire face aux
réalités sociales actuelles.
Les responsables des séminaires travaillent dur pour les jeunes candidats au sacerdoce, mais le fossé des générations - les professeurs sont
âgés - et l’évolution de la réalité rend leurs efforts inutiles.
L’évêque chinois affirme que la formation des séminaristes dans l’Eglise
catholique (patriotique) de Chine n’est pas différente de celle qui était
donnée dans les années 50, ce qui cause des problèmes d’adaptation pour les
jeunes séminaristes. Les règlements sont trop rigides et le moindre écart
entraîne le renvoi du jeune étudiant.
Un boom des vocations
Le prélat, qui est lui-même membre de l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC) - seule reconnue par le gouvernement - a révélé
que les 2/3 des séminaristes de son diocèse ont été renvoyés ou ont quitté
le séminaire ces six dernières années et aucun n’a encore été ordonné prêtre. Les séminaires ont réouvert au début des années 80, après avoir été
interdits durant la Révolution culturelle (1966/76), époque durant laquelle
toute activité religieuse fut interdite et de nombreux religieux envoyés
dans des camps. Selon l’APCC, il y avait en 1988 onze séminaires en Chine
populaire, dont un Institut national.
L’évêque du sud de la Chine relève encore le manque d’attention pour la
santé des étudiants dans les séminaires régionaux, qui ne disposent que de
peu de moyens matériels et pédagogiques. D’autre part, le système de quotas
en vigueur - tant de candidats par province et par année plutôt que nombre
de places effectivement disponibles - décourage les responsables des diocèses et les vocations éventuelles. Quand le quota provincial est rempli, les
candidats sont refusés quand bien même il reste des places vacantes d’autres provinces. Les candidats sur les listes d’attente, surtout les universitaires des villes côtières, cherchent alors du travail et c’est une grande perte de vocations sacerdotales. Il estime encore que l’actuel boom des
vocations en Chine pourrait ne pas durer longtemps, notamment à cause de la
politique de l’enfant unique qui pourrait à la longue dissuader les parents
d’envoyer leur enfant au séminaire. (apic/ucan/be)