dans l’Eglise "clandestine", mais aussi dans l’Eglise "officielle"
Hongkong, 21juin(APIC) En dépit des obstacles, les vocations sacerdotales
catholiques augmentent régulièrement en Chine. C’est du moins l’avis du Père John Tong Hon, directeur du Centre d’étude "Saint-Esprit" du diocèse de
Hongkong. Depuis le début des années 80, plus de 500 prêtres ont été formés
dans les séminaires de l’Eglise officielle. Quant à l’Eglise clandestine,
certains rapports affirment que "les séminaires du silence" ont formé plus
de 300 prêtres.
Supprimées pendant la révolution culturelle de 1966 à 1976, les activités religieuses furent ensuite tolérées. L’Eglise reconnue par le régime
communiste ouvrit de nouveau des petits et des grands séminaires à partir
des années 80. On en compte aujourd’hui 24: un séminaire national, six régionaux et dix-sept provinciaux ou diocésains. Dans ces établissemsnts officiellement autorisés, le niveau d’étude est peu élevé, parce que la plupart des professeurs sont agés et coupés du monde extérieur depuis une
trentaine d’années. Les élèves manquent aussi de manuels et de documents de
référence. Longtemps les professeurs ne purent évoquer que de façon voilée
et indirecte certains sujets interdits par la ligne officielle. La détente
politique leur permet désormais de traiter ouvertement de la primauté pontificale. Les restrictions et les difficultés persistent mais les maîtres
et les élèves ont appris à les surmonter.
L’activité des "séminaires du silence"
Le nombre et la situation exacte "des séminaires du silence" formant des
prêtres pour l’Eglise clandestine ne sont pas connus. Le nombre de 300 prêtres formés est avancé par certains rapports. Ces séminaires se trouvent
pour la plupart dans le nord de la Chine. Ne bénéficiant pas de la reconnaissance par le gouvernement chinois, ils risquent la fermeture et la dispersion de leurs élèves. L’existence précaire de ces établissements, l’absence de programmes d’études appropiés ne leur perrmettent pas de dispenser
une formation régulière. C’est à cela que le Père Tong attribue les difficultés que les prêtres formés par "les séminaires du silence" rencontrent
quant ils entrent en relation avec l’Eglise hors de Chine, difficultés qui
les poussent à développer entre eux une "ferveur religieuse plutôt subjective".
Néanmoins, conclut le Père John Tong Hon, les prêtres issus des "séminaires du silence" ont un rôle à jouer dans la société chinoise, tout comme
ceux qu’ont formés les séminaires officiellement autorisés. Un prêtre de
l’Eglise officielle, admis dans le système social, remplit les tâches de
pasteur: Il donne ses soins spirituels aux fidèles, les conduit à révérer
Dieu et à aimer leur prochaiin. Les prêtres de l’Eglise des catacombes jouent eux un rôle de prophètes quand ils se refusent à rejoindre les organisations autorisées par le gouvernement et osent affronter celui-ci pour défendre les droits de l’homme et la liberté religieuse. (apic/eda/ba)