Chine: les sèparatistes musulmans de la région (190392)
Pékin, 19 mars(APIC) L’agitation indépendantiste des séparatistes
musulmans dans la région autonome du Xinjiang inquiète les autorités
locales, rapporte "Eglises d’Asie dans son dernier bulletin. Selon ce
dernier, le chef du gouvernement du Xinjiang, Tomur Dawamat, est récemment
apparu à la télévision pour demander que la répression s’entensifie contre
les séparatistes musulmans.
Dans sa déclaration, Tomur Dawamat semble reconnaître que les changements survenus en Asie centrale ces deux dernières années ont suscité un
regain d’espoir chez ceux qui voudraient créer une "République islamique du
Turkménistan oriental" indépendante de Pékin.
"La situation internationale changeante a affecté et continue d’affecter
la stabilité sociale du Xinjiang", a déclaré le chef du gouvernement, en
ajoutant: "Les forces hostiles intérieures et extérieures ont intensifié
leurs activités d’infiltration, de subversion et de sabotage". Selon lui,
il ne s’agirait cependant que d’"une poignée de séparatistes nationalistes
à l’intérieur du pays".
Le 5 février 1992, une bombe à retardement attribuée aux séparatistes
musulmans avait explosé dans un parking d’autobus de la capitale provinciale, causant la mort de 6 personnes. Une vingtaine d’autres avaient été
blessées. Les jours suivants, plusieurs autres bombes avaient explosé le
long de la frontière avec l’ex-Union Soviétique. En avril 1990, des émeutes
populaires s’étaient soldées par la mort d’une cinquantaine de personnes
dans la ville de Baren. Le gouvernement chinois avait attribué les désordres à un certain "Parti islamique du Turkménistan oriental, et accusé les
militants musulmans d’avoir lancé une "guerre sainte" contre la Chine.
Depuis plusieurs mois, les dirigeants de Pékin essayent de tisser des
liens amicaux avec les républiques nouvellement indépendantes situées à
leur frontière septentrionale, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. Pour les dirigeants chinois, il s’agit avant tout d’empêcher tout
soutien logistique ou idéologique que ces républiques seraient tentées
d’apporter à leurs frères musulmans du Xinjiang et des autres régions frontalières.
L’une des raisons pour lesquelles Pékin s’inquiète des vélléités indépendantistes du Xinjiang est que la région est appelée à devenir, dans un
proche avenir, une source majeure de production pétrolière.
La population du Xinjiang est composée à 60% de Ouigours, Kazakhs, Tadjiks et Ouzbeks, tous musulmans, historiquement et culturellement plus proches de leurs voisins anciennement soviétiques que des "Han" qui sont au
pouvoir à Pékin. L’implantation des Chinois "Han" dans cette région a été
favorisée par le pouvoir central à tel point que ceux-ci sont aujourd’hui
majoritaires dans plusieurs villes du Xinjiang. (apic/eda/pr)