Chine : les forces de sécurité répriment un village catholique (270489)
Hong Kong, 27avril(APIC) Le 18 avril dernier, les forces de sécurité chinoises ont attaqué un rassemblement catholique dans le village de Youtong
au sud de Pékin, dans la province du Hebei, faisant morts et blessés, rapporte jeudi l’agence catholique UcaNews à Hong Kong. Plus de 5’000 policiers ont entouré ce village ou vivent quelque 1700 catholiques, dans le
but de démonter la grande tente qu’ils avaient érigée en lieu et place de
leur église, détruite durant la Révolution culturelle (1966/76).
Situé dans le district de Luancheng, à une trentaine de kilomètres au
sud de la capitale provinciale de Shijiazhuang, le village de Youtong ne
compte, sur les 1700 catholiques, que 200 adhérents au chapitre local de
l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC), soutenue par le
régime, tandis que les autres sont "loyalistes" et pratiquent leur foi de
façon privée ou semi-clandestine.
Selon les décrets gouvernementaux de 1980 et de 1988, l’Eglise devrait
pouvoir récupérer ses propriétés confisquées durant la Révolution culturelle. Il n’y a actuellement pas de lieu de culte dans le village de Youtong
et les pétitions des habitants sont restées sans réponse de la part des autorités de district. Les catholiques du village ont décidé d’ériger une
grande tente pour le culte le 17 mars dernier sur le site de l’église
détruite par les Gardes Rouges durant la Révolution culturelle. Des messes
avaient lieu en cet endroit tous les matins. Les responsables locaux et des
officiers de la sécurité sont venus à plusieurs reprises exiger le démontage de la tente et l’arrêt des messes. Le 18 avril, 270 véhicules militaires
dont les plaques d’immatriculation avaient été masquées, ont emmené 5’000
policiers qui ont encerclé le village avant d’attaquer sauvagement la population, sans distinction d’âge et de sexe. Les policiers ont essayé d’arrêter le prêtre et quatre responsables religieux, mais en ont été empêchés
par la foule en colère.
L’attaque aurait fait au moins deux morts et plus de 350 blessés, tandis
qu’une trentaine de personnes ont été arrêtées. Certains observateurs pensent qu’il s’agit d’un avertissement à l’égard des catholiques "clandestins" restés fidèles à Rome et qui ne veulent pas collaborer avec l’Association patriotique (APCC). L’Eglise clandestine est de plus en plus active
dans la province du Hebei, qui entoure Pékin. Les officiels de l’APCC à
Pékin n’ont encore pas pris position publiquement sur cet évènement qui
montre les limites de la politique de liberté religieuse proclamée par les
autorités de Pékin. (apic/ucan/be)