Chine: L’Eglise clandestine du Hebei inquiète les autorités (070990)
Hong Kong/Paris, 7septembre(APIC) La province du Hebei, une province du
nord de la Chine autour de Pékin, est réputée comme étant l’une des forteresses de l’Eglise catholique clandestine, une Eglise qui se veut loyale au
pape et refuse de s’aligner tant sur les autorités communistes que sur
l’Eglise dite "patriotique", reconnue officiellement. Malgré la répression,
cette communauté résiste depuis des années. C’est pour analyser les moyens
de se débarrasser de ces "forces clandestines de l’Eglise catholique" que
les autorités chinoises ont mis sur pied ce printemps une réunion de travail dans une ville du Hebei.
Dans le discours prononcé à l’occasion de cette réunion organisée fin
mars, mais dont la tenue a été révélée dans le dernier numéro d’"Eglises
d’Asie", l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP), le
maire d’une ville du Hebei a souligné le succès croissant de l’Eglise catholique "clandestine". Il estime qu’environ 300’000 catholiques de la province sont sous le contrôle des prêtres et évêques "noirs", non affiliés à
l’Eglise "officielle", et que le Hebei est devenu "le centre de direction
des forces clandestines catholiques de tout le pays".
Renforcer la position de l’Eglise "officielle"
En ce qui concerne sa propre ville, le maire a déclaré que "plus de la
moitié des 15’000 catholiques penchent vers les forces clandestines" dont
la puissance s’accroît et dont les activités deviennent de plus en plus visibles. Il énumère ensuite les 5 causes principales de cette croissance rapide de l’Eglise "clandestine": l’absence, dans la région, de clergé patriotique et progressiste, l’ingérence de forces clandestines extérieures
qui créent la division, des insuffisances dans l’application de la politique religieuse officielle, l’apathie des cadres qui sous-estiment l’Eglise
catholique, et la faiblesse du système judiciaire. Il en appelle donc aux
Comités du Parti à tous les niveaux pour qu’ils travaillent la main dans la
main avec l’Eglise catholique "officielle".
La deuxième partie du discours porte sur la stratégie à mettre en oeuvre
pour "renforcer la direction et la gestion de l’Eglise catholique" par les
fonctionnaires du gouvernement. Dans la troisième partie, le maire appelle
à "résister résolument à l’infiltration des forces clandestines extérieures" afin que "l’autorité dans l’Eglise reste entre les mains des forces
patriotiques". Il termine enfin par des suggestions d’ordre pratique pour
une répression plus sévère des "clandestins" et un contrôle plus strict des
activités religieuses des catholiques.
25 % de tous les catholiques de Chine vivent dans le Hebei
La province du Hebei au nord du fleuve Jaune, forme une couronne autour
des municipalités indépendantes de Beijing (Pékin) et de Tianjin
(Tientsin). La capitale provinciale est Shijiazhuang à 300 km au sud de
Beijing. La population de la province est estimée à 60 millions d’habitants. L’histoire du catholicisme y est très ancienne puisqu’elle remonte à
la dynastie des Ming, au temps où le jésuite italien Matteo Ricci s’installait à Beijing au début du XVIIe siècle. Il existe aujourd’hui une dizaine
de diocèses dans la province et les catholiques sont au nombre d’au moins
1,5 million. 25 % environ de tous les catholiques de Chine vivent donc dans
cette province. La situation de l’Eglise y est plus compliquée que partout
ailleurs et les chrétiens clandestins y sont nombreux, surtout dans les zones rurales où un certain nombre de villages sont entièrement catholiques.
Des problèmes au sud de la Chine également
Au sud de la Chine également, des problèmes existent pour les
catholiques. Un conflit oppose ainsi la communauté catholique de Yiliang,
dans le diocèse de Zhaotong, aux autorités provinciales de Yunnan. Cellesci ont en effet décidé de démolir l’église vieille de 100 ans.
Le Bureau provincial des Affaires religieuses a reconnu avoir reçu des
pétitions de la communauté catholique s’élevant presque unanimement contre
cette décision. L’église est située dans une région habitée par la minorité
ethnique "Yi" à laquelle appartiennent aussi les catholiques.
Guo Dianming, directeur-adjoint du Bureau provincial des Affaires religieuses, a finalement déclaré, fin juillet, que les autorités provinciales
pourraient revoir leur décision pour tenir compte de la volonté de la communauté catholique. Le diocèse de Zhaotong compte 30’000 catholiques environ. C’est le lieu de la première implantation chrétienne dans la province
du Yunnan, datant de la deuxième moitié du XIXe siècle.
Fujian: répression contre les Eglises "domestiques" protestantes
Du côté protestant aussi, on serre la vis. Ainsi, selon des sources généralement bien informées, une vingtaine d’Eglises protestantes "domestiques" ont été fermées par les autorités depuis quelques semaines, dans la
province côtière du Fujian. Beaucoup de chrétiens auraient aussi été arrêtés sans que l’on puisse préciser leur nombre.
Au début du mois d’août dernier, une réunion a été organisée pour les
chrétiens de la province par des responsables du Bureau des Affaires religieuses, du Mouvement des Trois-autonomies, de la Sécurité et du Front uni.
Ceux-ci ont lancé un sévère avertissement à tous ceux qui seraient tentés
de violer les lois en participant à ds activités religieuses clandestines.
Les fonctionnaires du gouvernement ont, comme d’habitude, accusé des éléments étrangers d’avoir infiltré la province. Par ailleurs, dans la même
province de Fujian, la détention de bibles ou de livres religieux imprimés
à l’étranger est désormais tenue pour acte criminel, ces livres étant "des
instruments contre-révolutionnaires d’infiltration".
Guizhou: les bouddhistes aussi...
23 dirigeants d’une secte bouddhiste de la province méridionale du Guizhou ont été arrêtés récemment. 13 de leurs temples ont aussi été démolis
par les autorités. C’est ce que rapporte le "Quotidien du Guizhou" dans son
numéro du 1er août dernier.
La secte bouddhiste, qui compte 1’100 membres disséminés à travers la
province, est accusée d’avoir "comploté et forgé des plans contre-révolutionnaires, propagé des superstitions féodales et dirigé des attaques empoisonnées contre le Parti communiste et le gouvernement populaire". (apicucan/eda/gar)