Chine: L’Eglise clandestine accusée d’inciter (180491)
Beijing, 18avril(APIC) Mgr Joseph Zong Huaide, chef de l’Eglise patriotique chinoise, accuse certains catholiques clandestins de profiter des changements politiques survenus en Europe de l’Est pour inciter les masses à
s’opposer au gouvernement en place à Pékin. L’agence de presse catholique
UcaNews à Hong Kong relève que les autorités chinoises mettent en cause Mgr
Pierre Joseph Fan Xueyan, évêque émérite de Baoding et chef de l’Eglise
clandestine de la province du Hebei. Ce dernier aurait déclaré que "le futur de la Chine sera à l’image de ce qui se passe en Europe de l’Est aujourd’hui : le Parti communiste est tombé en Europe de l’Est et il en sera
de même en Chine".
Président de l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC),
du Collège épiscopal de Chine et de la Commission administrative de l’Eglise catholique de Chine, Mgr Zong Huaide affirme de son côté que ces catholiques clandestins "mènent des activités illégales" dans le pays. L’évêque
de Zhoucun et Jinan, âgé de 73 ans, passe pour être un "dur" de l’Eglise
patriotique qui a coupé toute relation avec Rome en 1957.
Des "camps d’étude" pour prêtres récalcitrants
Au sujet des prêtres et des laïcs catholiques membres de l’Eglise clandestine arrêtés en décembre dernier et envoyés en "camp d’étude", Mgr Zong
a nié qu’ils aient été emmenés pour subir un "examen", sans pouvoir toutefois préciser s’ils avaient ou non été libérés. Citant des sources désirant
garder l’anoymat, l’agence UcaNews indique que 13 prêtres ordonnés après
1980 ont été emmenés pour une durée de 50 jours dans un "camp d’étude". Il
s’agissait de les persuader de rejoindre l’Eglise reconnue officiellement
afin que l’Eglise catholique de Chine soit une et indivisible. "Ces gens
n’ont rien à voir avec nous, nous voulons établir des liens avec eux, mais
ils ne veulent pas nous voir", a-t-il déclaré.
Mgr Zong a d’autre part nié que l’appel à résister aux infiltrations
étrangères "venant de pouvoirs hostiles au régime" s’appliquait à l’Eglise
catholique. Sa déclaration fait suite aux avertissements lancés récemment
par le secrétaire général du Parti communiste chinois Jiang Zemin ainsi que
par le Premier ministre Li Peng.
En ce qui concerne les relations avec le Saint-Siège, Mgr Zong estime
que la balle est dans le camp du Vatican : "Nous espérons arriver bientôt à
des relations amicales". Il déplore cependant que le Saint-Siège ait mis un
terme aux négociations à la suite des massacres du 4 juin 1989 Place Tienanmen. Depuis lors, a-t-il révélé, il n’y a plus eu de contacts bilatéraux.
(apic/ucan/ecl/pr)