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    à l’égard du Vatican et de l’Eglise catholique

    Chine : des signes d’assouplissement de Pékin (041287)

    Rome, 4décembre(APIC/CIP) Dans un article paru dans son édition du 3 novembre, le journal catholique italien "L’Avvenire" fait état d’une évolution dans les rapports du gouvernement de Pékin et du Vatican ainsi que

    dans l’attitude à l’égard de l’Eglise catholique jusqu’ici clandestine parce qu’elle est restée fidèle à Rome.

    Parmi les signes relevés par le journal italien figurent aussi bien des

    libertés institutionnelles qu’une évolution encore légère mais sensible de

    l’attitude adoptée par Pékin à l’égard du Vatican. "L’Avvenire" fait notamment état d’évêques nommés par Rome qui, quoique avec prudence, exercent

    aujourd’hui leur fonction au vu et au su des autorités chinoises . Le journal cite également l’exemple de croyants catholiques qui font des voyages

    parfois de plusieurs jours pour participer à des services religieux publics

    présidés par des prêtres sortis de la clandestinité. On a également observé

    récemment, en plein coeur de la Chine, la célébration publique de funérailles d’une religieuse, sous la présidence d’un évêque nommé par Rome et en

    présence d’officiels du régime communiste.

    Ces exemples, sans pouvoir être déjà généralisés, témoignent d’une importante évolution religieuse qui est en train de se faire en République

    populaire de Chine. Officiellement, dans ce vaste territoire, l’Eglise

    catholique n’existe encore qu’à travers les institutions et les personnalités rattachées à l’Eglise patriotique chinoise. Pour cette dernière, il

    n’est évidemment pas question de reconnaître l’autorité de Rome par-dessus

    la tête des autorités de Pékin.

    Mais au-delà de cette représentation officielle des choses, la réalité

    présente des contours beaucoup plus souples. Ainsi, le vatican ou les grandes démarches du pape ne sont plus systématiquement absents de l’information officielle de la radio-télévision chinoise. En juillet dernier, on a

    même pu voir, par deux fois, le pape sur les écrans de Pékin. Preuve que

    les autorités du régime portent un intérêt plus grand au Vatican.

    Pourquoi les relations ont-elles été si tendues jusqu’ici ? Parce que,

    d’une part, la diplomatie vaticane a reconnu officiellement l’existence de

    Taïwan. D’autre part, parce que, toujours selon le point de vue de Pékin,

    le Vatican , en entretenant des relations avec les épiscopats de chaque

    pays, pratique une politique "d’ingérence" dans les affaires intérieures de

    ces pays.

    D’ou vient la souplesse, dont on constate, semble-t-il, les premiers

    signes évidents depuis quelques mois ? Selon plusieurs observateurs, elle

    est à mettre à l’actif de la politique de réformes voulue par Deng Xiao

    Ping. La nouvelle Constitution chinoise prévoit explicitement le droit à la

    liberté religieuse. Et cette liberté, dit-on officiellement, sera accordée

    totalement lorsque l’on aura atteint 50 o/o de la modernisation du pays.

    Pour les observateurs, les ouvertures récentes sont autant d’éléments

    préparatoires dans cette direction. Selon Mgr Aloysius Jin Luxian, évêque

    auxiliaire (patriotique) de Shanghaï, la normalisation des relations entre

    Pékin et le Vatican va intervenir tôt ou tard. La visite du cardinal Sin,

    archevêque de Manille, qui s’est rendu à Pékin il y a environ un mois, a

    confirmé que les deux parties étaient prêtes à faire un pas dans la même

    direction.

    Toujours selon l’évêque auxiliaire de Shanghaï, un gros problème est

    posé par l’ordination de prêtres et d’évêques clandestins depuis vingt ans,

    avec l’appui de Rome. Mgr Luxian voit dans cette "politique" de la part du

    Vatican un inconvénient majeur, dont il mesure les effets aux résultats

    concrets : beaucoup des prêtres formés dans la clandestinité sont très mal

    préparés à l’exercice de leur ministère. Toujours selon l’évêque de

    Shanghaï, on les a ordonnés avant tout à la condition qu’ils désavouent le

    parti communiste chinois.

    Reste qu’un autre signe d’ouverture est que les églises les plus

    fréquentées par les catholiques chinois sont celles ou les prêtres et

    évêques nommés par Rome ont pu rester actifs. A l’occasion des grandes

    fêtes liturgiques, on voit des familles entières, depuis les grands-parents

    jusqu’aux petits-enfants, faire de longs voyages pour se rendre dans une

    église .

    Cette année, les funérailles d’une religieuse ont été célébrées en toute

    liberté dans un diocèse situé en plein coeur de la Chine. Pendant trois

    jours, le corps de la défunte a été exposé dans une église et a été béni

    par un évêque qui avait été nommé par Rome. Lors des funérailles, des

    représentants du gouvernement étaient présents et le cortège funèbre, après

    la liturgie, a pu traverser les rues sans problèmes pour se rendre au

    cimetière. Ce n’est pas tout : le gouvernement a même décidé de dédier un

    hôpital à la mémoire de cette religieuse. Et douze jeunes filles ainsi

    qu’une vingtaine de jeunes gens sont venus trouver l’évêque du lieu pour

    lui demander de les préparer à une entrée dans la vie religieuse.

    (apic/jt/be)

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