Chine: Des responsables du Bureau des Affaires (040790)
Détournement de fonds au détriment des Eglises
Hong Kong, 4juillet(APIC) Quatre responsables du Bureau des Affaires
religieuses (BAR) de la ville de Shantou, dans la province du Guangdong,
dans le Sud de la Chine, ont été punis pour corruption et utilisation abusive de privilèges religieux. Chen Guanglie, directeur du BAR de Shantou,
ainsi que trois de ses collaborateurs, ont été accusés de détournement de
fonds publics, de corruption et de détention illégale de biens ecclésiastiques, rapporte le journal en langue chinoise "Ming Pao" à Hong Kong.
Che Guanglie et le vice-directeur Chen Yuguang ont été exclus du Parti
communiste chinois (PCC) et condamnés à une année de liberté surveillée à
leur poste administratif. Le directeur du BAR a extorqué 16’046 Renminbi
(quelque 5’400 francs) et s’est emparé d’un appartement de deux pièces appartenant à l’Eglise protestante, tandis que le vice-directeur a réussi à
soustraire 22’406 Renminbi (quelque 7’500 francs) et à accaparer un appartement de trois pièces.
Le directeur et le vice-directeur ainsi que les directeurs de section
Cai Hongho et Zheng Chengxian ont à plusieurs reprises prélevé des fonds du
gouvernement de la province du Guangdong destinés aux dépenses quotidiennes
du personnel ecclésiastique, accepté des pots-de-vin et des services de
l’entrepreneur chargé de la construction d’un temple bouddhiste et forcé le
Comité local du "Mouvement patriotique des Trois Autonomies" (protestant) à
leur fournir des logements.
Cette affaire a été révélée dans le cadre d’une campagne nationale contre la corruption lancée par le gouvernement chinois l’été dernier et qui
offrait la possibilité de restituer l’argent acquis par la corruption pour
échapper à de lourdes peines. Chen Guanglie s’était annoncé auprès des autorités locales, qui se seraient montrées "indulgentes" pour traiter son
cas. Un commentateur de "Church-in-China" a décrit le cas du BAR de Shantou
comme la "pointe de l’iceberg". Il s’attend à ce que soient mises au jour
d’autres affaires semblables.
Un observateur de la réalité chinoise, Anthony Lam Sui-ki, estime dans
un commentaire sur la politique religieuse de Pékin, que les bâtiments appartenant à l’Eglise sont loin d’être acceptables dans la partie orientale
de la province du Guangdong. Il relève que la corruption a contribué à ce
que les récentes constructions destinées aux nouveaux locaux de l’Eglise en
Chine sont d’une qualité médiocre et d’un standing en-dessous de la moyenne. (apic/ucan/gs/cor)