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    Chine: décès de Mgr Liu Shuhe, évêque "clandestin" de Yixian (170593)

    Il vivait caché depuis près d’un an, après sa fuite de la "maison de repos"

    Pékin, 17mai(APIC) Mgr Paul Liu Shuhe, évêque auxiliaire "clandestin" de

    Yixian, dans la province chinoise du Hebei, est mort le 2 mai dans une localité des environs de Pékin dont le nom n’a pas été communiqué, rapporte

    le dernier bulletin d’Eglises d’Asie. Les causes du décès ne sont pas encore connues. Mgr Liu Shuhe s’était évadé il y a quelques mois de la "maison

    de repos" où il était détenu.

    Le défunt souffrait depuis des années d’une grave maladie du foie. En

    1992, peu avant Pâques, il s’était enfui de la "maison de repos" dans laquelle il était en réalité détenu. Son espoir d’un meilleur traitement qui

    lui permettrait de reprendre son apostolat fut déçu car il dut rester caché, sans accès possible aux soins spécifiques que son état réclamait.

    Né probablement en 1919 dans un village de l’actuel diocèse de Yixian, à

    l’ouest de Pékin, Paul Liu a été ordonné prêtre vers 1943. Arrêté en 1958

    et condammé à vingt ans de prison pour "crimes contre-révolutionnaires", il

    ne fut libéré qu’en 1980. Le 18 mai 1982, Mgr Zhou Shanfu l’ordonna évêque

    en secret. Profitant de la relative liberté de mouvement de l’époque, Mgr

    Liu mena un ministère très actif auprès des communautés chrétiennes qui

    pouvaient enfin, après trente ans de catacombes, manifester leur foi au

    grand jour.

    En octobre 1988, il fut arrêté à Pékin et condamné à trois ans de "rééducation par le travail", mais relâché le 16 janvier 1989 et assigné à domicile. Le 21 novembre de la même année, la Conférence épiscopale (clandestine) à laquelle il n’avait pas pu participer, le choisit comme secrétaire

    général. Faute de pouvoir se déplacer librement, Mgr Liu recevait de très

    nombreuses visites. Jusque dans la nuit du 13 au 14 décembre 1990, où il

    fut emmené comme le furent au même moment vingt évêques, des prêtres et des

    fidèles dont aucun ne fut déféré devant un tribunal. Les uns et les autres

    disparurent, leurs familles elles-mêmes perdant tout contact avec eux. Officiellement, ils étaient en "détention administrative". Aux demandes répétées d’organisations internatioanles, les autorités chinoises répondaient:

    ces ecclésiastiques "sont placés dans des maisons de repos où ils sont adéquatement assistés".

    Jusqu’à présent quatre de ces personnes seulement ont quitté ces "maisons de repos". Outre Mgr Paul Liu qui s’en est enfui, les dépouilles de

    trois évêques âgés en sont sorties: Paul Shi Chunjie, Joseph Fan Xueyan et

    Etienne Liu Difen, morts pour des causes qui restent inconnues. (apic/edapr)

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