Premier évêque chinois consacré sans l’autorisation du Vatican
Chengdu/Hong Kong, 23juin(APIC) Mgr John Li Xiting, évêque "patriotique"
de Chengdu, l’un des tout premiers évêques chinois à avoir été élu et consacré sans l’accord du Vatican, est décédé le 28 mai dernier d’une hémorragie cérébrale à l’âge de 79 ans, vient d’apprendre l’agence de presse
catholique UcaNews à Hong Kong. L’évêque de Chengdu, dans la province du
Sechuan, avait été élu en décembre 1957 par l’Association patriotique des
catholiques de Chine (APCC), quelques mois après la rupture formelle des
relations entre le régime communiste et le Vatican.
Aucun successeur n’a encore été nommé pour remplacer Mgr Li Xiting et
les tâches diocésaines sont accomplies actuellement par le Père Liu Xianru,
curé de la paroisse de Chengdu et vice-président de l’Association patriotique de Chengdu. Selon des informations parvenues à Hong Kong, les responsables du diocèse, au cours d’une réunion au début de l’année, n’avaient
pas pu se mettre d’accord sur le nom d’un coadjuteur pour Mgr Li Xiting,
malade depuis de nombreuses années. Ordonné prêtre dans les années 40, il
avait été consacré évêque le 6 juillet 1958 par Mgr Wang Wencheng, évêque
de Nanchong, qui avait lui-même été nommé évêque par le pape Pie XI en
1929. Mgr Li a été recteur du séminaire régional du Sichuan, de sa réouverture en 1984 jusqu’en 1986; malade, Mgr Li Xiting avait démissionné de cette charge.
Aucun catholique touché par la répression ?
Le diocèse de Chengdu compte quelque 40’000 catholiques et 12 prêtres,
dont certains sont mariés. Selon les responsables du diocèse, l’Eglise de
Chengdu n’a pas été touchée par les troubles qui ont secoué la ville et la
répression qui s’est abattue sur le mouvement pour la démocratie et aucun
catholique n’a été tué ou blessé durant les incidents. Teresa Ying Mulen,
vice-secrétaire générale de l’Association patriotique de Pékin, une
organisation proche du régime, a affirmé qu’il n’y avait aucun catholique
tué, blessé ou porté disparu depuis les massacres de la nuit du 3 au 4 juin
dernier. Les trois églises et le séminaire de Pékin n’ont pas été touchés
par les incidents.
Les observateurs de la situation de l’Eglise en Chine estiment que la
question de la restauration des relations sino-vaticanes ne devrait pas
être affectée outre mesure par le massacre de la Place Tien An Men et les
récentes exécutions "d’émeutiers" ainsi que par les condamnations de ces
événements par le pape Jean Paul II.
Un document du Vatican fort peu apprécié
Le document du Vatican d’octobre dernier contenant des directives sur
les relations avec l’Eglise catholique "officielle", signé par le cardinal
Joseph Tomko, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples,
semble avoir beaucoup plus d’effets négatifs sur les relations sino-vaticanes. Anthony Liu Bainian, vice-président de la Commission administrative de
l’Eglise catholique chinoise et haut responsable de l’APCC, a demandé que
le Vatican retire ce document : "Y renoncer serait ressenti comme un signe
posé par le Vatican pour prouver sa bonne volonté dans le rétablissement de
relations bilatérales". (apic/ucan/be)