sanglants au village catholique de Youtong
Divergences sur le nombre des victimes
Pékin, 11mai(APIC) Des responsables gouvernementaux à Pékin et des officiels de l’Eglise catholique patriotique de Chine ont à nouveau confirmé
les "incidents" sanglants qui ont fait morts et blessés le 18 avril dernier
parmi les catholiques du village de Youtong au sud de Pékin, dans la province du Hebei. Selon la version officielle, il n’y aurait pas eu de morts,
mais seulement des blessés de part et d’autre quand les forces de sécurité
ont voulu faire évacuer le campus de l’école villageoise ou les catholiques
du lieu avaient installé illégalement une tente tenant lieu d’église.
Selon des sources catholiques chinoises, les forces de sécurité qui ont
attaqué un rassemblement de catholiques non reconnus par le gouvernement
dans le village de Youtong ont fait deux morts et 350 blessés; plus de
5’000 policiers ont entouré ce village de 3400 habitant ou vivent quelque
1700 catholiques, dans le but de démonter la tente qu’ils avaient érigée
sur l’emplacement de leur église, détruite durant la Révolution culturelle.
Situé à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale provinciale de
Shijiazhuang, le village de Youtong ne compte, sur 1700 catholiques, que
200 adhérents au chapitre local de l’Association patriotique soutenue par
le régime, tandis que les autres sont "loyalistes" et pratiquent leur foi
de façon privée ou semi-clandestine. Il n’y a actuellement pas de lieu de
culte dans le village de Youtong et les pétitions des habitants sont restées sans réponse de la part des autorités locales.
D’après Anthony Liu Bainian, haut responsable de l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC), une organisation soutenue par le régime mais non reconnue par le Vatican, une partie des catholiques du village
de Youtong ont occupé l’école en mars déjà, causant la fermeture des classes. Les responsables locaux ont en vain demandé la restitution des lieux à
leurs yeux occupés illégalement. Ce n’est pas les policiers qui seraient
responsables des incidents, mais les villageois, qui auraient battu des policiers. Ces derniers n’auraient fait que riposter. Lu Junqi, fonctionnaire
du Bureau des Affaires religieuses auprès du Conseil d’Etat, a affirmé
qu’il n’y a eu aucun mort. Il a affirmé que cette occupation avait "dépassé
les limites des activités religieuses normales". Pour lui, réclamer une
église n’est pas une raison pour occuper une école, et la faute de ces incidents est à mettre sur le compte "d’éléments illégaux".
Les policiers avaient ainsi essayé d’arrêter le prêtre, le P. Pei, de
l’Eglise clandestine restée fidèle à Rome, mais en ont été empêchés par la
foule en colère. Les villageois invoquent, pour la restitution de l’emplacement de leur église, le document No 188 (promulgué en 1980 et concernant
la restitution aux fidèles des propriétés de l’Eglise) dont ils viennent
d’apprendre l’existence.
Anthony Liu Bainian relève que ce fameux document concerne les autorités
de l’Eglise, et non pas les catholiques pris individuellement, c’est pourquoi il n’avait pas été transmis aux villageois. Ainsi, pour lui, les propriétés de l’Eglise confisquées dans le passé doivent être restituées aux
autorités diocésaines et non à des individus ou à "l’Eglise clandestine",
précisant que l’Eglise (officielle) s’oppose à la confrontation avec
l’Etat. De tels incidents donnent une mauvaise image de l’Eglise parmi les
non-croyants, affirme-t-il, et risquent de mettre en danger la stabilité
des relations avec l’Etat. Notons que l’Eglise clandestine, qui défie l’autorité de l’Association patriotique, est de plus en plus active dans la
province du Hebei. (apic/ucan/be)