Chine: Activités catholiques réduites au minimum au Tibet (300790)
Hong Kong, 30juillet(APIC) 23juillet(APIC) S’il existe au Tibet des
copies de la version tibétaine de la Bible catholique traduite dans les
années 30, les activités catholiques au Tibet - actuellement Région
autonome de la Chine - sont réduites au minimum, affirme le professeur Wang
Yao, tibétologue chinois. Professeur de tibétologie à l’Institut Central
des Minorités Nationales de Pékin, Wang Yao donne actuellement des cours de
langue tibétaine à Hong Kong. Il a indiqué que la Bible éditée à Shanghai
avait été traduite par des Tibétains sous la direction de Gaisang Wangdui,
un érudit tibétain décédé au début des années soixante.
"Cette Bible a été admirablement traduite. L’auteur y emploie le
tibétain classique. J’ai effectué des vérifications de cet ouvrage
littéraire tibétain en le confrontant avec une Bible chinoise et j’ai
constaté que la taduction est fidèle", a-t-il expliqué à l’agence de presse
catholique UCA News à Hong Kong. Le professeur Wang, qui en possède une copie, a cependant révélé que la Bible tibétaine n’avait jamais été réimprimée, et qu’il a vu un exemplaire dans une exposition biblique à l’étranger
il y a quelques années.
Une présence chrétienne rarement tolérée dans l’histoire
Invité à Hong Kong par l’Institut académique bouddhiste Dharmasthiti, ce
Shanghaïen de 62 ans donne actuellement un cours intensif de trois mois sur
la langue tibétaine à 50 étudiants. Wang Yao, qui est également chercheur à
l’Institut d’études de la culture bouddhiste de Chine, est lui-même devenu
bouddhiste durant son séjour de 10 ans dans le Tibet occidental. Il ne pense pas qu’il subsiste une quelconque communauté catholique ou protestante
au Tibet étant donné que leurs églises furent démolies sitôt après leur
construction. En effet, relève-t-il, les chrétiens ont été rarement tolérés
au Tibet parce ils ne savaient pas comment apprécier à sa juste valeur le
fond de la culture tibétaine imprégnée par le bouddhisme et parce qu’"ils
étaient trop fiers pour être les sauveurs des pécheurs".
D’après ses recherches, des catholiques arrivèrent au Tibet au XVIIème
siècle (sous la Dynastie manchoue des Qing) lorsque trois capucins s’établirent dans la Préfecture de Ngari, dans l’Ouest du Tibet. Les capucins
prêchèrent dans le comté de Burang, mais ils ne purent convertir, après 17
ans de séjour dans le pays, que quatre princes tibétains.
Des capucins en provenance de Goa, en Inde, construisirent une église à
Lhasa, capitale tibétaine, aux environs des XVIIème et XVIIIème siècles;
par la suite celle-ci fut démolie, ajouta-t-il. Une église de trois étages
de style tibétain édifiée au début du XXème siècle et portant l’inscription
"Eglise catholique" en langue tibétaine existe encore dans le comté de Batang, dans la préfecture tibétaine autonome de Garze, dans la province du
Sichuan, voisine du Tibet, poursuit le professeur. Bien que cette église
soit aujourd’hui utilisée comme siège de la Conférence consultative politique du peuple chinois, les habitants du pays continuent de l’appeler
"l’église catholique".
D’après l’édition de l’"Eglise Catholique en Chine" du 30 juin 1989, un
périodique appartenant à l’Eglise patriotique, une église catholique de
style tibétain a été réouverte à Qamdo, district tibétain situé près de la
frontière avec les provinces du Sichuan et du Yunnan. Elle a été consacrée
le 24 décembre 1988, et rapporte le magazine, plus de 1.000 catholiques et
des non-chrétiens exécutèrent des danses tibétaines durant cette célébration. Selon certaines informations, un prêtre âgé de 66 ans, bénéficiant
d’une longue expérience dans l’évangélisation des minorités tibétaines et
connaissant la langue tibétaine, développe des activités pastorales auprès
des Tibétains. (apic/uca/gar)