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    Ils sont 4 millions aujourd’hui

    Chine: 700.000 protestants en 1947 (130788)

    Fribourg, 13juillet(APIC) La Chine comptait 700.000 protestants en 1947.

    Aujourd’hui, ils sont 4 millions. Selon le service de presse protestant romand (SPP), qui publie en date du 13 juillet un dossier consacré à l’Eglise

    protestante de Chine, c’est là une infime minorité en regard de la population du pays, mais c’est en revanche une croissance considérable si l’on

    songe aux circonstances traversées pendant ces quarantes dernières années.

    Singulière aussi cette Eglise qui n’en porte pas le nom, puisque les

    différentes communautés et tendances se réclamant du protestantisme, sont

    rassemblées sous l’étiquette de Conseil chrétien de Chine. Interviewé par

    le SPP, le président de ce Conseil, l’évêque K.H. Ting, à la tête d’une

    délégation de passage en Suisse en mai dernier, a exposé la position particulière du protestantisme chinois, nationaliste et soucieux de son autonomie ecclésiologique, tout en se réclamant de son appartenance à l’Eglise

    universelle.

    L’évêque Ting s’est expliqué sur le processus de "désoccidentilisation"

    de l’Eglise Chinoise à partir de 1950, époque ou les missionnaires durent

    quitter la Chine. "Je crois, a-t-il dit, que les missionnaires ont travaillé avec l’idée qu’à partir d’un certain moment, leur présence ne serait

    plus nécessaire. Eux partis, les protestants de Chine ont pris conscience

    que leur Eglise ne devait plus être considérée comme un produit occidental.

    Le fait que l’Eglise soit dirigée par des Chinois a produit un effet

    bénéfique sur notre rayonnement de chrétiens évangéliques en Chine".

    Le Mouvement des trois autonomies

    N’ayant pas conservé la dénomination d’Eglise, cette dernière s’est

    néanmoins reconnue à partir des années cinquante à partir de la définition

    même de ses buts : auto-gestion, auto-financement et auto-développement.

    D’ou l’apparition du "Mouvement des trois autonomies". M. Han Wenzao, adjoint de l’évêque Ting explique: "Le but est de s’administrer, de se financer et de propager la foi par nos propres moyens. "Les trois autonomies"

    ont démontré combien il était essentiel, après le départ des missionnaires,

    que l’Eglise chinoise ne s’affaiblisse pas, mais au contraire se renforce.

    De fait, le nombre des chrétiens s’est multiplié par 5 depuis 1949".

    Les protestants chinois forment une myriade de communautés aux particularités diverses, très attachées à leur tradition. Depuis la fin de la

    révolution culturelle qui avait fermé ou détruit les lieux de cultes, les

    protestants ont peu à peu récupéré leurs bâtiments et l’on compte aujourd’hui 4.000 églises. L’expansion s’est aussi manifestée sous la forme

    des "groupes maisons", au nombre de 17.000 actuellement. Ces groupes, relève l’évêque Ting, sont relativement petits: 10, 50, 60 personnes. Mais

    d’autres ont grandi jusqu’à 1000 fidèles. "Nous ne disons pas Eglises de

    maison, mais plutôt "groupes de maison" parce qu’il s’agit de réunions à

    domicile. Nous soutenons activement ces rencontres. On se réunit chez untel

    toutes les semaines ou deux pour boire le thé, étudier la Bible et prier".

    Les groupes de maison organisent des baptêmes et célèbrent la sainte

    cène. A cause du manque de pasteurs, ces réunions sont souvent animées par

    des laïcs. Le Conseil, pour sa part, diffuse à leur intention un mensuel

    tiré à 40.000 exemplaires.

    Une influence plus sociale que politique

    En Chine, la liberté religieuse étant garantie par la Constitution, elle

    n’est pas combattue par un organisme étatique chargé de promouvoir

    l’athéisme. L’effort des chrétiens consiste à démontrer que la religion

    n’est pas l’opium du peuple. Même si de nombreux préjugés défavorables subsistent, dit l’évêque Ting, le Gouvernement populaire central et les autorités provinciales s’appliquent concrètement à respecter la liberté religieuse. "Nous avons peu d’influence politique. Notre influence sur le plan

    social est plus grande. Cela tient au fait que, parmi nos fidèles, certains

    ont un statut en vue: professeurs, médecins, ingénieurs, etc. Nous voulons,

    ajoute le président du Conseil chrétien de Chine, que nos concitoyens reconnaissent au christianisme sa capacité d’action".

    S’exprimant au sujet de l’oecuménisme, l’évêque Ting déclare qu’il n’a

    pas le même sens qu’en Europe. "Les rapports avec d’autres religions sont

    de caractère culturel, et sont en grande partie d’ordre personnel. Il n’y a

    pas de dialogue théologique entre les différentes confessions". M. Han Wenzao précise: "Nous travaillons parfois sur des mêmes thèmes, comme par

    exemple la paix. Il existe cependant une organisation en Chine qui n’a pas

    son pendant en Occident, c’est la Conférence politique consultative du

    peuple chinois (PPCC). Des représentants de religions différentes participent à cette conférence pour y débattre des thèmes les concernant. Il y a

    quelques années, nous avons ainsi discuté des modifications introduites

    dans la Constitution de 1975, sous l’influence de la gauche, et dont nous

    n’étions pas satisfaits. Nous en avons demandé la revision et en conjugant

    nos efforts, nous avons réussi. Il y avait là des catholiques, des protestants, des boudhistes, des musulmans et des taoïstes".

    La situation du catholicisme chinois, avec un effectif égal aux protestants, c’est-à-dire quatre millions de fidèles, reste pour sa part particulière, notamment en raison de ses relations avec une réalité étrangère,

    représentée par le Vatican. En Chine, le mot "christianisme" désigne les

    protestants, alors que les catholiques, eux, sont désignés par l’expression

    "la religion qui est dans le ciel". Ce qui est également le cas au Japon.

    En conclusion, l’évêque Ting pense que la phase de la Mission ou l’on

    envoyait un étranger en Chine appartient au passé. "Nous voulons nous

    démarquer de l’image occidentale, il ne faut plus dépendre des missionnaires". A propos des émissions radio d’évangélisation vers la Chine, l’évêque

    Ting est tout aussi catégorique: "Je ne crois pas qu’à long terme, cela

    soit bien pour nous. Elles ne motivent pas les gens à aller à l’église. Le

    travail d’évangélisation et l’édification d’une Eglise est de la responsabilité de ses propres membres. Nous n’admettons pas que d’autres groupes

    fassent ce travail en Chine sans consulter le Conseil chrétien chinois".

    (apic/spp/pr)

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