Chine: 1er anniversaire de la Conférence épiscopale clandestine (131290)
Hong Kong, 13décembre(APIC) L’avenir de l’Eglise catholique clandestine
de Chine, un an après les arrestations consécutives à la création en novembre 1989 d’une Conférence épiscopale non reconnue par les autorités de Pékin, paraît sombre, notent les observateurs à Hong Kong. Plus de trente
laïcs et ecclésiastiques - dont neuf évêques clandestins - avaient été arrêtés par les services de sécurité dans les deux mois qui suivirent la réunion "secrète" du 21 novembre 1989 dans le village de Zhangerce, dans le
diocèse de Sanyuan (Province du Shaanxi), et au moins 4 évêques sont encore
en prison.
La question du sort des catholiques "des catacombes" se pose avec encore
plus d’acuité au moment où, selon les déclarations de Mgr Dominic Tang Yeeming, l’archevêque de Canton en exil à Hong Kong, le gouvernement renforce
les contrôles dans de nombreux domaines de la vie publique et notamment
dans tout ce qui touche à la religion. A son avis, le droit à la liberté
religieuse, garanti théoriquement par la Constitution chinoise, n’est pas
respecté. Mgr Tang Yee-ming fait cependant remarquer qu’en dépit des arrestations, l’Eglise clandestine poursuivra ses activités.
Depuis une dizaine d’années, il existe bien en Chine un Collège épiscopal de l’Eglise "patriotique", reconnu par les autorités communistes mais
pas par le Vatican. La Conférence épiscopale clandestine jouit de nombreuses sympathies, notamment à l’étranger, mais il n’y a cependant pas unanimité sur son opportunité ou sa validité. Bien que la nouvelle Conférence
épiscopale catholique ait été créée dans le but de rassembler tous les évêques qui reconnaissent totalement l’autorité du pape et se veulent en complète communion avec l’Eglise universelle, sa validité est mise en question
par certains milieux ecclésiastiques de Hong Kong. Ils mettent notamment en
avant son manque de représentativité en raison du petit nombre des participants à la réunion de Zhangerce.
Le P. John Tong, directeur exécutif du Centre du St-Esprit, un institut
de recherche sur l’Eglise de Chine du diocèse de Hong Kong, relève que la
Conférence épiscopale peut être mise en question en raison de la faible
présence épiscopale lors de sa fondation. Il souligne également l’absence
de position claire de la part de Rome à l’égard de cette Conférence et affirme qu’elle doit recevoir l’approbation du Vatican.
Alors que cinq évêques ont été libérés dans le courant de cette année,
quatre autres sont toujours en prison. Mgr Peter Liu Guandong, de Yixian,
président du Comité permanent de la Conférence épiscopale, a été condamné à
trois ans de camp de rééducation et se trouve dans un "camp de réforme par
le travail" à Tangshan, dans la province du Hebei. (apic/ucan/ec/be)