Sévère répression contre les milieux protestants non officiels
Paris/Hong Kong, 17septembre(APIC) Malgré la politique officielle de "liberté religieuse" en Chine, les autorités de Pékin n’ont pas relâché leur
pression sur les Eglises non reconnues. Selon l’agence d’information "Eglises d’Asie" (EDA) à Paris, 123 personnes - dont trois étrangers - ont été
arrêtées au cours d’une réunion de chrétiens protestants "clandestins".
Cette assemblée de membres du mouvement des "Eglises domestiques" (c’est-àdire qui pratiquent leur culte dans des maisons privées) se tenait à Guo
Fa, district de Wuyan, dans la province centrale du Henan.
Se basant sur les informations de l’agence américaine "News Network International" qui se réfère à des témoins oculaires, EDA affirme que 40 policiers de la Sécurité publique ont fait irruption dans une réunion de protestants non affiliés au Mouvement des Trois Autonomies et au Conseil Chrétien de Chine, organisations qui chapeautent les Eglises protestantes reconnues officiellement. Les 123 personnes arrêtées - dont un Américain
d’origine chinoise, une Singapourienne et une Malaisienne - seraient toujours en détention, accusées de "participation à des activités religieuses
illégales".
Selon les témoins, il n’y aurait pas eu de blessés durant la descente de
police, mais les personnes présentes à la réunion auraient été rudoyées.
Selon des sources de Hong Kong, l’ambassade américaine en Chine n’a pas
encore réussi à obtenir d’information de la part du gouvernement de Pékin à
propos du citoyen américain arrêté lors de cette rafle.
Depuis les années 50, les protestants de Chine ont connu une évolution
parallèle à celle des catholiques "clandestins" qui se veulent fidèles au
pape et refusent l’autorité des évêques de l’Eglise catholique "patriotique" reconnue par le régime mais pas par Rome. Du côté protestant, les nouvelles Eglises "domestiques", d’origine évangéliste américaine, qui se développent depuis une dizaine d’années, refusent de faire partie des organisations officielles qu’elles considèrent comme inféodées au parti communiste. Ces Eglises ont été qualifiées par le pouvoir et certains milieux protestants officiels comme des "sectes fondamentalistes" au service de
l’étranger.
Le 3 septembre dernier, le chef du Mouvement des Trois Autonomies et du
Conseil Chrétien de Chine, l’évêque Ding Guangxun, a sévèrement critiqué le
gouvernement chinois à propos de la répression contre les "Eglises domestiques", qu’il estime contraire à la politique religieuse définie par le Parti communiste chinois depuis 1982. (apic/eda/be)