Du "sang neuf" pour la Conférence épiscopale chinoise
Hong Kong, 22décembre(APIC/Anthony Lam Sui-ki, secrétaire exécutif du
"Holy Spirit Study Center" à Hong Kong) L’événement important qui a marqué
l’Eglise de Chine en cette année 1988 a été la consécration épiscopale de
dix nouveaux évêques qui ont apporté du "sang neuf" à la Conférence épiscopale catholique de Chine. C’est l’un des plus grands nombres d’évêques ordonnés ces dernières années sans l’aval de Rome par l’Eglise de Chine.
Les nouveaux évêques viennent de six provinces : cinq du Shandong, un du
Hebei, du Zhejiang, du Guizhou, du Yunnan et de la province du Liaoning.
Tandis que ces ordinations sont illicites vues du Vatican, des sources locales relèvent qu’ils sont cependant considérés par les fidèles sur place
comme de bons prêtres. D’autres membres du clergé ont encore été élus
évêques dans diverses parties du pays en 1988 et l’on s’attend à ce qu’ils
soient bientôt ordonnés.
Aucune amélioration concrète n’a été observée concernant la restauration
des relations sino-vaticanes, mais l’élévation au cardinalat en juin dernier de Mgr Jean-Baptiste Wu Cheng-chung, évêque de Hong Kong, indique un
développement favorable. On attend du cardinal Wu, dont l’élection a suscité des réactions positives tant de la part de la Chine continentale que de
Taïwan, qu’il joue un rôle-clef et qu’il serve de pont entre le Saint-Siège
et l’Eglise catholique de Chine. Dès son retour de Rome ou il avait reçu la
barrette de cardinal, Mgr Wu avait confirmé que des négociations entre des
officiels du Vatican et la Chine étaient en route depuis le début de cette
année.
Bientôt un remaniement au sommet de la hiérarchie
La Conférence épiscopale et la Commission Catholique Administrative de
l’Eglise de Chine (CCCAC) n’ont plus de président depuis la mort en février
dernier de Mgr Zhang Jiahsu, évêque (patriotique) de Shanghai. Les deux
postes sont actuellement occupés par Mgr Joseph Zong Huaide, évêque (patriotique) de Jinan et Zhoucun, qui est président de l’Association des
catholiques patriotiques de Chine, une association reconnue par le gouvernement.
On s’attend à un remaniement au sommet de la hiérarchie au début de
l’année prochaine, à l’occasion la réunion du Collège épiscopal. (Dans une
interview accordée début décembre à l’agence APIC, Mgr Jin Luxian, nouvel
évêque patriotique de Shanghai, a déclaré qu’à l’avenir, la Conférence
épiscopale allait jouer, avec l’élection du nouveau président, un rôle accru, au détriment de l’Association patriotique. Il nous avait confié qu’il
n’avait pas l’ambition d’être élu à la tête des évêques chinois, car il
avait déjà assez à faire à Shanghai et au séminaire de Sheshan).
Deux autre évêques sont morts cette année, dont Mgr Melchior Zhang Kexing (Chang K’o-hing), évêque de Xiwanzi (Siwantze), en novembre dernier.
Avec cette mort, il ne reste plus que 7 évêques chinois consacrés par le
pape Pie XII, avant la rupture des relations entre la Chine et le Vatican
en 1957. Mgr Ignatius (Kung) Gong Pinmei, âgé de 88 ans, que le Vatican
considère toujours comme l’évêque légitime de Shanghai, qui a passé trente
ans en prison et qui vivait en résidence surveillée depuis 1985, a été totalement libéré en janvier. Il se trouve depuis mai dernier aux Etats-Unis
pour se soigner.
Pas de cas de persécution en 1988
Quelques prêtres ont été également libérés en 1988, mais des observateurs étrangers pensent qu’il en reste quelques uns - probablement moins
d’une dizaine - en prison ou dans des camps de travail. Mais l’on pense selon certaines sources que plusieurs d’entre eux devraient être prochainement libérés. Bien que quelques fidèles et ecclésiastiques ont été détenus
et soumis à un interrogatoire pour un temps très bref, aucun cas nouveau de
persécution n’a été signalé en 1988.
Plus de 100 jeunes ont terminé cette année leurs études au séminaire et
une trentaine d’entre eux ont été ordonnés prêtre. Les autres sont en stage
pastoral dans leur diocèse et seront bientôt ordonnés. La plupart des nouveaux prêtres sont acceptés par les fidèles catholiques, mais certains mettent encore en cause leur légitimité et leur compétence. (apic/ucan/be)