xxxxxx, 5juillet(APIC) Sous le double poids de changements économiques
rapides et d’une corruption de plus en plus incontrôlée, une grande partie
de la population chinoise manifeste les signes de plus en plus clairs d’un
"ras-le-vol" généralisé. Au début du mois de juin 1993, pour la première
fois, le gouvernement chinois a admis qu’il y avait eu de violentes émeutes
paysannes dans la province du Sichuan. Les rapports s’accumulent sur l’agitation sociale parmi les ouvriers, la corruption dans les services de police, les escroqueries financières de toutes sortes. De puissantes forces de
déstabilisation semblent avoir été libérées dans le pays par les réformes
économiques de Deng Xiaoping.
Le bureau provincial des affaires étrangères du Sichuan, province la
plus peuplée du pays, a confirmé, le 12 juin 1993, qu’il y avait eu de sérieuses émeutes paysannes dans le district de Renshou, au sud de chengdu,
durant la première semaine de juin. En 1992, le gouvernement avait décidé
de reconstruire pour une somme équivalant à environ 145 millions de francs
la route nationale 213 qui passe dans le district. Les cadres gouvernementaux ont alors décidé d’imposer les paysans de la région pour un tiers du
coût total, soit environ 50 francs par personnes. Le revenu moyen du paysan
étant de 700 francs environ par an et les taxes, déjà très nombreuses, les
paysans protestèrent en janvier 1993. Le gouvernement revint sur ses exigences et l’affaire semblait réglée. Mais au mois de mai, à la suite de
quelques articles de journaux apparemment mal informés, l’agitation a repris dans le district sous la direction d’un paysan du nom de Xiang Wenqing. Le 16 mai, un percepteur fut sévèrement battu. La semaine suivante,
une centaine de paysans dévastèrent une perception et endommagèrent une
usine, une école et les domiciles de plusieurs cadres locaux. Finalement,
le 5 juin, 10’000 paysans environ empêchèrent l’arrestation de l’un des
leurs et prirent violemment à partie les forces de police.
L’affaire de Renshou n’est cependant que l’une parmi beaucoup d’autres
semblables. En dépit des efforts du gouvernement pour empêcher la diffusion
d’informations de ce genre, les observateurs mentionnent de très nombreux
cas d’agitation sociale dans les campagnes. Les causes en sont presque
toujours les mêmes: des cadres locaux corrompus abusent de leur pouvoir
sur les paysans.