Chili : un prêtre catholique menacé de mort (220288)
Osorno, 22février(APIC) Un "Escadron de la Mort" de l’extrême-droite
chilienne, intitulé "Commando d’exécution 143, Zone du Chili Sud" a menacé
de mort le Père Winfredo van den Berg, un religieux hollandais qui dirige
la station de radio catholique "La Voz de la Costa de Osorno".
C’est dans la ville d’Osorno, située à quelque 800 kilomètres au sud de
Santiago, que le Père van den Berg a reçu une communication de ce
mystérieux commando qui lui a annoncé sa "mort tragique en février". Le
religieux a déclaré dimanche 21 février que c’était déjà la huitième menace
de mort qu’il avait reçue ces derniers temps.
Les relations entre l’Eglise catholique et la dictature militaire chilienne sont très tendues depuis que 150 prêtres, religieux, religieuses et
laïcs engagés du diocèse de Santiago ont signé une "Lettre ouverte à l’opinion publique" qui dénonce la "pauvreté qui dégrade et avilit la vie de
notre peuple", une "situation d’exploitation qui favorise les profits excessifs, les manipulations économiques les plus douteuses pour écraser les
plus faibles et faire de l’argent à tout prix... cette situation encourage
la prostitution à tous les niveaux et le vol qui, très souvent, devient
l’ultime recours pour la subsistance des masses pauvres et marginalisées".
Le régime veut s’imposer par un plébiscite forcé
Après avoir dénoncé la situation des quelques privilégiés du régime et
la dégradation des droits de l’homme - "nous vivons dans un climat permanent de guerre, sous habillage de paix", affirment les signataires - le document dénonce "la volonté du régime de s’imposer pour l’avenir par un
plébiscite forcé qui se fonde sur la Constitution politique de 1980, une
Constitution qui passera dans l’histoire du droit comme l’expression maximale de ce qu’on peut édifier dans une société quand on en retire la force
de l’Evangile et de sa vérité..." Suite à cette déclaration, le ministre de
l’Intérieur affirmait que le communisme, le terrorisme et l’Eglise étaient
les trois forces opposées à la paix au Chili.
De son côté, le cardinal Raul Silva Henriquez, archevêque émérite de
Santiago, a lancé un appel au retour de la démocratie au Chili, affirmant
que la démocratie était le meilleur système politique. Dans une déclaration
rendue publique ce week-end à Santiago, le cardinal Henriquez a invité tous
les Chiliens à s’inscrire sur les registres électoraux et de voter en connaissance de cause et selon leur conscience. Il a demandé aux militaires au
pouvoir de garantir la totale liberté de vote pour les prochaines votations
populaires. Il a demandé que tous les partis et tous les secteurs sociaux
aient libre accès aux médias, avant tout à la télévision. Les Chiliens
devront répondre oui ou non au candidat à la présidence - Pinochet aurait
l’intention de se présenter - proposé par les militaires. (apic/kna/be)