Chili: plus de cent médecins chiliens ont participé (200490)
La corporations des médecins annonce l’ouverture d’une enquête
Santiago du Chili, 20avril(APIC) De graves soupçons pèsent sur une centaine de médecins chiliens accusés par des confrères d’avoir participé aux
tortures infligées à des milliers de citoyens sous le régime de la dictature du général Pinochet. La corporation des médecins du Chili annonce qu’elle a ouvert une enquête dans le but de déterminer qui parmi ses membres a
pris part aux séances de torture pratiquées par la Centrale national d’investigation (CNI), la police secrète chargée à l’époque de la répression.
Les accusations lancées par la corporation des médecins chiliens contre
des confrères pour leur participation à ces tortures ne sont pas nouvelles.
Ce qui est nouveau, en revanche, c’est le nombre élevé de médecins aujourd’hui impliqués. Les difficultés rencontrées sous le régime Pinochet
pour effectuer les investigations nécessaires expliquent que l’affaire
n’apparaisse que maintenant dans ses véritables proportions. Depuis 1981,
le Collège médical n’avait réussi à sanctionner, preuves à l’appui, que six
profesionnels, expulsés par la suite du Collège. Des sanctions morales, uniquement, avait été appliquées, par la faute du gouvernement Pinochet. Ce
dernier avait pris soin de tranformer le statut juridique de ce Collège en
Corporation médicale, sans autorité aucune pour ôter un titre ou empêcher
un médecin sans éthique d’exercer sa profesion.
Selon le médecin-chirurgien Pedro Castillo Yanez, fondateur et président
de la Commission nationale contre la torture, plus de cent médecins ont
participé aux tortures. Ce dernier, accusé à l’époque de terrorisme et détenu en 1981 par la CNI, avait été torturé puis relâché sans qu’aucune
preuve ne soit retenue contre lui.
Pedro Castillo Yanez, qui est en outre membre du Conseil national du
Collège médical étaye ses affirmations en expliquant comment des médecins
participaient à la torture: "Certains devaient examiner le prisonnier torturé et déterminer jusqu’à quel moment celui-ci était en mesure de résister
aux coups. D’autres avaient pour mission de marquer les endroits à atteindre sans laisser de traces, de signaler les zones les plus sensibles, et de
savoir si un détenu torturé, en raison d’une insuffisance constatée, était
en mesure ou non de résister à la torture par le courant électrique".
Pour le chirurgien chilien, les médecins qui ont participé à ces tortures doivent maintenant répondre de leurs actes et dire pourquoi ils les ont
accomplis. (apic/na/pr)