congé" du diocèse rencontrent leur évêque
Un autre regard
Châtel-St-Denis, 4septembre(APIC) Responsables de la promotion de la femme, de la formation dans les séminaires, typographes, aumôniers de jeunesse, curés de paroisses..., laïcs, prêtres, religieuses engagés dans les
"jeunes Eglises" du tiers-monde, ils se sont retrouvés samedi dans la capitale veveysane autour de leur évêque, Mgr Pierre Mamie. Ils, ce sont les
"missionnaires en congé" du diocèse, qui étaient accueillis par la communauté paroissiale de Châtel-St-Denis et le secteur de la Haute-Veveyse.
Venant du Brésil, de Colombie, du Pérou, du Nicaragua, d’Algérie, du Mali, du Zaïre, du Tchad, du Sénégal, de Madagascar ou d’ailleurs, de retour
ou en partance, avec 10, 20 voire 40 ans de "mission" derrière eux, ils ont
fait faire le tour du monde aux dizaines de paroissiens veveysans venus les
rencontrer malgré un temps pluvieux. Ils ont évoqué les défis auxquels ils
sont confrontés dans les pays d’Afrique ou d’Amérique latine : la pauvreté,
la violence, la drogue, mais également l’espérance, le dynamisme, l’enthousiasme et la fraîcheur rencontrés dans les "jeunes Eglises". Ce que vous
faites à travers le monde, a dit aux missionnaires Jean-Marie Peiry, curé
de Châtel-St-Denis, les gens l’admirent, "mais c’est aussi un encouragement
pour ce que nous avons à faire ici, car c’est aussi une tâche de missionnaire dans un monde vraiment sécularisé, où nous devons présenter JésusChrist comme quelqu’un de tout neuf".
"On est jaloux de vous"
"N’oublions pas que nous sommes jaloux de vous, que très souvent on vous
envie", leur a lancé Mgr Mamie. Visitant depuis une douzaine d’année les
missionnaires et les "jeunes Eglises", particulièrement en Afrique, l’évêque du diocèse s’est dit conscient qu’il est difficile à certains de vivre
aujourd’hui dans l’Eglise, en Suisse et en Europe, et que dans le tiersmonde, l’Eglise donne beaucoup plus d’espérance. "Quand j’avais dix ou
quinze ans, souligne l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, et que je
compare avec aujourd’hui je trouve qu’il est actuellement beaucoup plus
difficile d’être chrétien, croyant, priant avec espérance... " Et Mgr Mamie, qui a 6 prêtres fidei donum au Pérou, en Colombie et à La Réunion, de
relever que cet envoi en mission, malgré le manque de prêtres ici, aide le
diocèse à ne pas être fermé sur lui-même.
Les paroissiens de la Veveyse présents à la rencontre - qui a traité en
carrefour l’engagement des laïcs dans l’Eglise ici et là-bas - ont relevé
qu’ils attendaient des missionnaires de passage un renouveau, un témoignage
de foi par rapport à des communautés qui semblent beaucoup plus vivantes
que celles d’ici, où une place est réservée aux enfants, aux jeunes, à la
créativité. Dans les carrefours, cette vision des Eglises du tiers-monde
quelque peu idéalisée a été nuancée par les missionnaires et c’est une image plus contrastée et plus complexe qui en a été présentée. Ainsi, une religieuse travaillant au Nicaragua a expliqué comment la hiérarchie "très
politisée", "très dominante" de l’Eglise, opposée au gouvernement, ne laisse que peu de place à l’initiative des laïcs, "qui n’ont même pas le désir
d’être responsables". Ceux qui n’ont pas les mêmes opinions que l’évêque
"sont exclus".
Au Rwanda, selon un autre témoignage, les séminaires sont pleins et
l’Eglise y est "très cléricalisée". Il y a des prêtres en suffisance et les
laïcs n’osent pas tellement s’engager au niveau paroissial : ils rejoignent
alors des mouvements charismatiques, qui se développent nombreux en dehors
des paroisses. En pays d’islam, l’Eglise dialogue avec les musulmans, mais
doit rester discrète, comme en Algérie. A la fin de la rencontre, les missionnaires se sont retrouvés, en compagnie des paroissiens de Châtel-St-Denis et des environs, pour une eucharistie présidée par Mgr Mamie, avec un
désir : répéter cette expérience l’an prochain. (apic/be)