Châtel-St-Denis : assemblée générale de Caritas-Fribourg (180589)
Châtel-St-Denis, 18mai(APIC) 400.000 personnes environ vivent avec moins
que le minimum vital en Suisse. Cette réalité de la pauvreté en Suisse, pas
toujours bien connue et même souvent cachée, a été le sujet de la conférence de Frédéric Bailat, collaborateur de Caritas Suisse, suite à l’assemblée
générale annuelle de Caritas Fribourg le soir du 17 mai à Châtel-St-Denis.
Les chiffres de la pauvreté en Suisse ne sont pas très précis, pour plusieurs raisons. Seuls les critères matériels peuvent être pris en compte,
la misère morale et spirituelle ne sont évidemment pas quantifiables.
D’autre part, les seuils de pauvreté considérés sont très divers, cela peut
varier de 7.800 à 13.000 francs de revenu par an, et la somme peut valoir
pour un ménage ou pour une personne, ce qui peut faire la différence. Enfin, les chiffres ne prennent en compte que les citoyens suisses ou les
étrangers établis, les étudiants, les étrangers ayant des permis d’une année et les saisonniers ne font alors pas partie des statistiques. Les
personnes effectivement pauvres en Suisse sont donc certainement plus que
400.000...
Que faire pour que la pauvreté diminue ? Comment agir sur les facteurs
de pauvreté ? Frédéric Bailat a proposé aux membres de Caritas Fribourg
plusieurs lignes de conduite. Ce qui paraît le plus important c’est l’information : acquérir une vision claire du problème et avoir des données
précises sur la pauvreté. Il faut également savoir dépister et identifier
la détresse, afin de pouvoir mettre en oeuvre l’aide. Mais, selon Frédéric
Bailat, c’est surtout au niveau des relations personnelles que l’on peut
faire quelque chose. Les relations amicales sont très importantes, car,
ensuite, tout est plus facile pour aider pratiquement.
Caritas aimerait pouvoir créer des "expériences pilote" avec l’aide des
autorités pour venir en aide aux pauvres de plus en plus nombreux en Suisse. Mais certains obstacles sont de taille. Les préjugés face à la pauvreté
sont énormes, la honte des pauvres et l’aveuglement des nantis sont très
tenaces. De plus, l’information donnée par certains aux démunis est souvent
incomplète : il est facile de cacher qu’une aide complémentaire peut être
demandée, cela fait des économies et moins de travail administratif...
Comme l’a constaté une assistante sociale, il faut aller à la rencontre
des pauvres et ne pas attendre qu’ils frappent à la porte de Caritas. C’est
à cette approche des pauvres que Caritas essaie de s’engager de plus en
plus, pour lutter, ainsi que l’ont relevé de nombreux membres de Caritas
Fribourg, contre le manque de solidarité et de relations de confiance qui
caractérise la société actuelle. (apic/bd)