Chartres: pèlerinage des jeunes de l’Ile-de-France (140492)
Paris, 14avril(APIC) A quelques kilomètres de Paris, le 11 avril, Mickey
lustrait ses oreilles avant la grande parade d’ouverture d’Euro Disney. Au
même moment, sur le parvis de Notre-Dame de Paris, 4’500 jeunes - deux fois
plus qu’en 1991 - se préparent à vivre une aventure qui n’a rien d’une parade: le pèlerinage à Chartres. Comme chaque année depuis 1935 sur les traces de Charles Péguy, des jeunes dans une démarche personnelle et communautaire font à pied les 90 kilomètres qui séparent la capitale de la ville
beauceronne.
Le thème de l’année: " Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa
vie pour ceux qu’on aime" interpelle les participants sur leur vie de chrétien, aujourd’hui pendant leurs études, comme demain dans la vie professionnelle et dans la vie familiale. En ce samedi matin, Notre-Dame de Paris
n’est pas une cathédrale pour touristes, mais un lieu de prière et d’envoi.
Des galeries supérieurs pendent des oriflammes de couleurs, une pour chacune des 15 "routes". Dehors, sur le parvis, rires, exclamations, salutations; dedans la voix se fait murmure, tout devient préparation à la rencontre, intériorisation de la démarche. Le premier chant s’élève: "Nous
sommes le peuple de la longue marche, peuple de chrétiens, peuple de frères..."
Peuple de frères et de soeurs "rassemblés dans la richesse de vos diversités", "motivés pour accueillir la Parole qui vous met en marche". C’est
par ces mots que Mgr Georges Soubrier, évêque auxiliaire de Paris et accompagnateur de la Mission étudiante, ouvre la prière d’envoi. Les jeunes
d’horizons si divers, étudiants ou professionnels de l’Ile-de-France, de
Province et même de la grande Europe, Italie, Allemagne, Pologne... appartenant à une aumônerie, à une paroisse, un mouvement, ils sont tous là
"pleins d’envie de dire: quel est ton groupe, ton pays, ta communauté?"
Mais aussi avec un peu de crainte: "Avec qui parlerai-je?" "Chartres, c’est
un raccourci de ce que doit être le chemin d’une vie, une vie donnée", souligne Mgr Soubrier.
Certains sont venus seulement pour "voir", d’autres pour "vivre avec
d’autres jeunes et prier avec eux", d’autres encore parce que "la marche,
ça dépouille, on oublie tout, sauf le but". En même temps, on sent un désir
d’unité dans la recherche profonde: "Comment m’engager au service de mes
frères?" Dans le désir d’aider l’autre à marcher quand les ampoules blessent, de porter son sac quand les kilomètres le rendent plus lourd.
La marche se fait en "chapitres", petits groupes d’une dizaine de personnes. A travers l’entraide, la confiance, la parole donnée et reçue, chacun peut relire et écrire un chapitre de sa vie.
Dimanche après-midi, toutes les routes convergent à Morancez, à 9 km de
Chartres, avant-dernière étape de la route. Temps de repos, de retrouvailles, de joie et de fête. Temps d’approfondissement encore: Mgr Jean-Marie
Lustiger, cardinal et archevêque de Paris, commente la première lecture de
la messe qui parle de l’obéissance au Christ. Temps de témoignage enfin,
celui que certains jeunes ont donné en réponse à la question du cardinal:
"De quoi avez-vous parlé en chemin?" Une jeune allemande répond: "Nous
avons parlé de l’amour. L’amour des chrétiens a sa source en Dieu et il
s’exprime dans les petites choses". Les membres d’un autre "chapitre" se
sont découverts "tous uniques et tous animés d’un même amour", "appelés à
quitter nos forteresses pour nous placer sous le regard du Père".
Rameaux en mains, les jeunes se dirigent ensuite vers la cathédrale de
Chatres où la messe des rameaux est célébrée.
En fin de soirée, nouveau disciple d’Emmaüs, chacun repart "le coeur
brûlant", la tête pleine de noms et de visages, les yeux encore tout illuminés par la beauté du paysage. Beaucoup pourraient dire avec cette étudiante: "A part les ampoules, c’était génial". (apic/ecl/mp)