Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Interview de Florence Bruce du BICE

    Chantilly : Symposium international sur les droits de l’enfant (011089)

    Paris, 1eroctobre(APIC) Florence Bruce est permanente au secrétariat général du Bureau international catholique de l’enfance (BICE) à Genève. Elle

    est aussi représentante permanente du BICE auprès des Nations Unies à Genève. Depuis 1983, elle suit les travaux d’élaborations de la Convention des

    Nations Unies relative aux droits de l’enfant. Elle était présente au Symposium international sur les droits de l’enfant qui s’est tenu à Chantilly

    du 28 au 30 septembre. A cette occasion, elle a confié à l’agence APIC ses

    remarques sur cette Convention de l’ONU sur les droits de l’enfant.

    APIC : Voilà 10 ans que l’ONU a entrepris la rédaction de cette convention.

    Pourquoi un temps si long ?

    Florence Bruce : En 1978, la Pologne avait proposé que, au cours de l’année

    internationale de l’enfance en 1979, l’ONU adopte une convention des droits

    de l’enfant. Elle a proposé un texte qui ressemblait beaucoup à la déclaration de 1959. Or, depuis cette date, la situation des enfants dans le monde

    a beaucoup changé : il fallait compléter ce texte et en soigner la rédaction.

    Chaque année donc, depuis 10 ans, les représentants des gouvernements se

    réunissent une semaine par an, en janvier, juste avant la session des Nations Unies sur les Droits de l’Homme pour y travailler. En 1988, pour

    achever la rédaction du texte, la session a duré deux semaines. Le projet

    de convention va donc être présenté cette année à l’Assemblée générale de

    l’ONU.

    APIC : Quelles ont été les difficultés rencontrées dans l’élaboration de

    cette convention ?

    F.B. : La première des difficultés tient aux différences culturelles : il

    fallait trouver un texte de base, qui convienne à l’ensemble des pays. A

    mesure qu’avançait la rédaction du texte, la petite équipe du début s’est

    élargie : de nouveaux gouvernements sont venus la rejoindre. Chacun apportait des éléments particuliers : ainsi les Africains ont demandé que l’on

    insiste sur les droits et devoirs des parents, et sur le respect de la

    famille. Les pays islamiques ne pouvaient accepter la rédaction de

    l’article concernant l’adoption : ils ont demandé l’introduction, dans

    l’article 20, d’une mention de la "kafala" de droit islamique.

    Une autre difficulté concernait la définition même de l’enfant : jusqu’à

    quand est-on un enfant ? Mais aussi à partir de quand ? Il a été décidé de

    limiter la notion d’enfance à l’âge de 18 ans, sauf pour les pays qui ont

    fixé plus tôt la majorité légale.

    Mais quand commence l’enfant ? A la conception ? A partir du moment où

    l’avortement n’est plus autorisé ? A la naissance ? La définition adoptée

    est vague et ouverte : "Un enfant s’entend de tout être humain âgé de moins

    de 18 ans sauf si la majorité est atteinte plus tôt". Cependant, dans le

    préambule, il est précisé que l’enfant a besoin d’une protection spéciale:

    "Avant comme après la naissance".

    APIC : Dans cette convention, il est aussi question de la participation de

    l’enfant aux conflits armés.

    F.B. : Il s’agit là de l’article 38. Dans cet article, devant l’insistance

    de certains pays, et notamment des Etats-Unis, on a dû limiter l’enfance à

    15 ans en demandant aux Etats de "veiller à ce que les personnes n’ayant

    pas atteint l’âge de 15 ans ne participent pas directement aux hostilités".

    Ce point sera certainement débattu à l’Assemblée générale de l’ONU!

    APIC : Quels sont, à votre avis, les aspects positifs du travail accompli

    au cours de ces dix années ?

    F.B. : La première chose, c’est que les gouvernements qui ratifieront la

    Convention seront ensuite obligés de l’appliquer et de la faire connaître

    aux adultes et aux enfants. Par ailleurs, cette Convention implique une

    participation des enfants aux décisions juridiques ou administratives qui

    les concernent (en cas de divorce). Cela ne signifie pas que l’enfant va

    imposer sa volonté, mais que l’on prendra son avis en considération.

    Il y a aussi la participation de certains gouvernements à l’élaboration

    des propositions : ainsi, pour l’article concernant les pratiques

    traditionnelles nuisibles à la santé de l’enfant (excision...) : les ONG

    (organisations non-gouvernementales) ont élaboré une proposition, et le

    Sénégal a accepté de la présenter au groupe de travail...

    Ainsi, on peut voir l’importance de la collaboration et du dialogue entre les Etats et les ONG : une collaboration qui va se poursuivre pour la

    mise en place des mesures qu’entraînera l’adoption de la Convention. (apicmjh/bd)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus