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    Des chrétiens véridiques

    Centrafrique: La christianisation en profondeur, souci de l’archevêque de Bangui.

    Bangui, 11 octobre 1998 (APIC) "Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas le manque de prêtres ou le manque d’argent qui me préoccupe. Le souci majeur est celui de tester si vraiment les baptisés sont véridiques". C’est ce que souligne Mgr Joachim N’Dayen, archevêque de Bangui, en République centrafricaine.

    Durant les récents événements (les mutineries de 1996 et 1997) il y a eu des réactions bizarres. Les gens réagissaient selon les habitudes, selon les traditions qui vont vers la tribu pour défendre la famille. Et non pour soutenir ce qui est vrai, déplore l’archevêque de Bangui dans une interview à "Afriquespoir" (Kinshasa, République Démocratique du Congo).

    Le pire serait s’il s’avérait que ce qui est faux devienne vrai. Mon souci majeur c’est d’avoir une christianisation en profondeur. Comment y parvenir ? On pourrait avoir une foule de prêtres : est-ce qu’on arriverait à cet objectif ?

    Pour le prélat, dans la masse il y a une lueur. "Chez certaines personnes il y a un jugement serein et chrétien sur ce qui se passe. Ils ne sont pas légion. Au sein des mouvements d’action catholique, dans les groupes qui veulent vivre l’évangile avec courage il y a des chrétiens exemplaires".

    Les sacrements ne sont pas magiques

    Mgr N’Dayen voit la nouvelle évangélisation chère au pape Jean Paul II comme un recentrage sur l’objet essentiel de la catéchèse. "Il y a toujours des chrétiens qui pratiquent les sacrements d’une manière mécanique et magique. Il y a une insistance sur les objets de culte (médailles, chapelets, etc). Il y a une recherche effrénée du miracle. Il faut réévangéliser tout cela.

    Le deuxième type d’évangélisation, va dans le sens de la proclamation du message. Pour la majorité de la population centrafricaine la parole de Dieu est arrivée par des bruits. A la radio, à la télé on parle de Jésus, mais les gens ne connaissent pas le contenu de son message. "Si nous sommes trois millions, on peut compter ceux qui se disent chrétiens, catholiques et protestants, comme un million de fidèles. Il reste deux tiers à évangéliser, auxquels il faut annoncer la Parole pour la première fois." "J’ai toujours eu deux soucis dans ma vie d’évêque : l’évangélisation et la formation de pasteurs capables d’annoncer cette parole vraie", relève Mgr N’Dayen.

    Devenir fonctionnaire n’est pas une solution d’avenir

    L’avenir de la jeunesse est une autre préoccupation pour l’archevêque de Bangui. "Tous les jeunes étudient pour devenir des fonctionnaires. Nous ne pouvons pas faire de ce pays un pays de fonctionnaires. Nous devrions plutôt nous préoccuper de la formation des travailleurs dans de petites et moyennes entreprises. Nous avons la ’culture du bic’. Nous devrions plutôt privilégier le travail de la main, renforcer les écoles techniques qui préparent des travailleurs pour l’élevage, l’agriculture, les petites et moyennes entreprises. La seule espérance pour les jeunes c’est d’ouvrir cet horizon, en privilégiant ce type de formation. (apic/dia/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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