Centenaire de la Congrégation des Missionnaires scalabriniens (011187)
Fribourg, 1ernovembre(APIC) Les 6, 7 et 8 novembre prochains la Congrégation des Missionnaires Scalabriniens fete le centenaire de sa fondation . A
cette occasion elle organise à Fribourg une table ronde sur les migrations
en Europe, une exposition photographique sur les problèmes de l’émigration
et une rencontre des migrants. Dans une interview accordée à l’agence APIC,
le Père Pietro Segafredo, responsable de la mission italienne à Fribourg et
Missionnaire Scalabrinien, a tracé en quelques mots les débuts de sa Congrégation, l’organisation de la mission en Suisse et les problèmes des
migrants dans la société actuelle.
APIC : Père Pietro, qui sont les Missionnaires Scalabriniens ?
Père Segafredo : La Congrégation des Missionnaires Scalabriniens a été
fondée il y a un siècle par Giovanni Battista Scalabrini, éveque de
Piacenza, en Italie. Cet homme fut frappé par le nombre élevé de ses
compatriotes qui émigraient (28’000 sur 200’000). C’est après avoir reçu
des lettres lui décrivant leur dénuement et lui demandant de leur envoyer
des pretres qu’il fonda la Congrégation des Missionnaires de Saint-Charles,
dite des Scalabriniens, composée de pretres.
Son but était d’assister tous les migrants dans tous les domaines de
leur existence. Née en Italie, elle s’est répandue rapidement en Europe,
aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, aux Philippines, en Amérique du
Sud et en Afrique du Nord. Il existe aussi des religieuses scalabrinienne,
qui assistent les pretres par leur prière.
Comment la mission s’organise-t-elle en Suisse ?
Etablie à Fribourg, Lausanne, Genève, Berne, Bale, Soleure, Saint-Gall,
Delémont, Sierre, Martigny, la mission s’occupe de près d’un million de
migrants. Fidèle à l’intuition de son fondateur, la Congrégation collabore
avec les paroisses, meme si l’intégration s’est faite plus lentement en
Suisse alémanique. Elle est en étroite relation avec le centre suisses-immigrés pour tenter de résoudre les problèmes qui se posent aux migrants.
Chaque mission (italienne, espagnole) a un délégué auprès de la SKAF (Communauté catholique Suisse de Travail pour les étrangers et leurs problèmes). Le travail de coordination est important, meme si la collaboration
avec les paroisses demeure la préoccupation majeure.
Quels sont les problèmes que rencontrent les migrants ?
Les migrants se heurtent surtout aux difficultés d’obtention de permis.
Ils sont aussi confrontés à des problèmes de logement. La langue retarde
leur intégration et est souvent un facteur d’isolement.
Quelles activités la mission prend-elle en charge pour intégrer les
migrants à la vie locale ?
La mission met sur pied des cours de langues. Elle soutient les migrants
dans tous les domaines de leur existence et défend les droits de l’homme.
Pour aider les familles elle organise une crèche. Mais elle procure surtout
une assistance spirituelle : le catéchisme en langue italienne et les
sacrements (bapteme et mariage surtout) constituent l’essentiel de ses activités. Les Eucharisties sont célébrées le plus possible en paroisse.
Y a-t-il une participation active des laics ?
Oui. Les laics animent les célébrations. Un grand effort de formation
est entrepris : les laics migrants se retrouvent dans des groupes de réflexion biblique pour approfondir leur foi et partager leurs expériences; au
niveau romand, la mission organise pour eux des cours de théologie, qui
leur permettent de mieux comprendre leur foi.
Pensez-vous que les problèmes des migrants sont assez pris en
considération aujourd’hui ?
Au niveau des responsables, oui. L’éveque et les pretres se montrent attentifs aux missions linguistiques et réellement préoccupés de l’intégration des migrants dans les communautés paroissiales. Ils demandent que les
missions soient représentées dans les conseils de communauté, parce qu’ils
ont reconnu la nécessité de s’accepter et de travailler ensemble. Mais tout
ceci est le fruit d’une évolution qui ne s’est pas encore réalisée au niveau de la population. Les Italiens et les Espagnols sont généralement bien
acceptés; les Portugais et les Turcs, par contre, se heurtent à une incompréhension plus grande. L’intégration ne se fait pas en un jour et le
temps, qui permet une meilleure approche mutuelle, aplanit les difficultés
et efface les préjugés.
Mon Père, comment voyez-vous l’avenir de cette collaboration ?
Les migrants doivent s’intégrer sans perdre leurs racines, conscients
que chacun reçoit de l’autre, mais lui apporte aussi la richesse de sa propre culture. Etre migrant est une richesse qu’il faut conserver. L’avenir,
pour moi, c’est vivre ensemble dans la différence. Mgr Mamie, notre éveque,
encourage tous les chrétiens à s’engager sur cette voie lorsqu’il rappelle
: "Il n’y a pas d’étrangers dans l’Eglise !". Nous travaillons pour que
cette phrase devienne réalité en chaque communauté de croyants.
Les 6, 7 et 8 novembre prochains vous fetez à Fribourg le centenaire de
la fondation de la Congrégation des Missionnaires Scalabriniens. Qui a rendu possible une telle manifestation et qu’en attendez-vous ?
Le centenaire de la fondation de la Congrégation des Missionnaires Scalabriniens est une fete ouverte à tous, qui se veut lieu d’expression et de
rencontre pour les migrants. Organisée avec l’appui du centre suisses-immigrés, du comité d’entente italienne et de la mission espagnole et en collaboration avec les paroisses, cette fete vise à mieux faire connaitre les
Missionnaires Scalabriniens et à sensibiliser les gens aux problèmes des
migrants. Elle veut aussi permettre une meilleure rencontre des cultures et
un dépassement des préjugés. (apic/cor)