Carmélites d’Auschwitz: Trois cardinaux signataires (030989)
"Le cardinal Glemp parle à titre personnel"
Paris/Bruxelles, 3septembre(APIC/CIP) Trois cardinaux signataires des accords de Genève sur le transfert du carmel d’Auschwitz déclarent que le
cardinal Jozef Glemp "n’a pu s’exprimer qu’à titre personnel" en parlant
samedi de renégociation de cet accord.
Cosignataires avec le cardinal Macharski de Cracovie, les cardinaux Decourtray (Lyon), Lustiger (Paris) et Danneels (Malines-Bruxelles) ont répondu dimanche au primat de Pologne, qui avait estimé la veille dans des
interviews accordées à divers journaux italiens que les signataires
"n’étaient pas compétents". Le cardinal Glemp reprochait aux négociateurs
de méconnaître la situation et la mentalité du peuple polonais. Dans son
interview à "La Reppublica", Mgr Glemp relevait en outre que le cardinal
Macharski ne représentait que l’Eglise de Cracovie.
"Si la délégation juive aux rencontres de Genève, conduites par Me Théo
Klein, alors président du Congrès Juif Européen, n’est ’pas compétente’,
qui peut l’être ?", se demandent les cardinaux Decourtray, Lustiger et Danneels. Et de poursuivre : "Si quatre cardinaux, dont l’archevêque de Cracovie, ne sont pas qualifiés pour représenter la partie catholique, qui pourrait l’être ?" Ils relèvent ensuite que le camp d’Auschwitz est dans le
diocèse de Cracovie et que, selon le droit de l’Eglise, son archevêque est
le premier à y avoir pleine autorité. Les cardinaux qui se sont joints à
lui appartiennent aux nations qui, en Occident, ont été les principales
victimes de la barbarie hitlérienne, tiennent-ils encore à souligner.
Des accords patiemment et loyalement négociés
Les accords de Genève ont été "patiemment et loyalement négociés" pendant deux ans. Les signataires catholiques se sont engagés à ne pas faire
peser le financement sur le diocèse de Cracovie et encore moins sur la Pologne. Aux yeux des trois cardinaux, visiblement excédés par la tournure
des événements, "le cardinal Glemp n’a pu s’exprimer qu’à titre personnel
en parlant d’une renégociation des accords de Genève. D’autant que jusqu’alors, il a toujours fait savoir que le cardinal Macharski était le seul
responsable et que la Conférence épiscopale polonaise, le 9 mars 1989,
s’était engagée à son tour en apportant son soutien à la réalisation de cet
accord".
"Les engagements souscrits doivent être tenus, déclarent-ils en
conclusion, et ils reconnaissent la légitimité du carmel d’Auschwitz à
Oswiecim, en dehors du périmètre du camp de concentration, que l’UNESCO,
considérant sa ’valeur universelle exceptionnelle’, a inscrit sur la liste
du ’patrimoine culturel mondial’ en octobre 1979, à la demande du
gouvernement polonais alors en place". (apic/cip/be)