"Un signe concret : l’enlèvement de la croix"
Rome, 12septembre(APIC) Porte-parole de la partie juive signataire des
Accords de Genève, Me Théo Klein juge nécessaire une intervention de Jean
Paul II dans l’affaire du carmel d’Auschwitz. Le pape a choisi "d’observer
jusqu’ici un silence absolu", commente-t-il dans une interview accordée au
journal communiste italien "L’Unità".
"Je pense que le dialogue est plus important pour l’Eglise catholique
que pour les juifs", estime Me Théo Klein, ancien président du CRIF, le
Conseil représentatif des institutions juives de France. A son avis, "il
est important que l’Eglise fasse comprendre qu’elle est sortie du MoyenAge, d’une époque où elle dominait l’Europe et exerçait, au plan politique,
une influence déterminante sur les souverains et chefs d’Etat", déclare-til notamment. Selon lui, l’Eglise catholique "doit fournir la preuve qu’elle a dépassé cette époque, qu’elle est redevenue une puissance spirituelle,
et il y a pour cela un chemin obligé: le dialogue avec le judaïsme".
Au cours de l’interview, Théo Klein relève en outre qu’"il faut tenir
compte du fait que le pape est Polonais et que sa parole, prononcée en polonais, à l’adresse des Polonais, est devenue nécessaire pour surmonter cet
obstacle". Il souligne de plus la "grande fermeté" des signataires catholiques des Accords de Genève sur le transfert du carmel d’Auschwitz, en regard de "la faiblesse passagère du cardinal Macharski et de l’incongruité
des propos tenus par le cardinal Glemp".
Interrogé à propos de la position adoptée récemment par la Commission de
l’épiscopat polonais chargée des relations avec le judaïsme, qui a donné
lieu à des interprétations diverses, Théo Klein dit en avoir parlé avec le
secrétaire de cette Commission. Ce dernier lui aurait précisé que son intention n’était pas de réclamer une renégociation des accords de Genève,
mais seulement de renouer le dialogue, tout en affirmant la compétence du
cardinal Macharski, mise en cause par le cardinal Glemp. Selon Théo Klein,
les contacts pourront être renoués, mais à la condition que soit posé "un
signe concret, par exemple l’enlèvement de la croix plantée sur le camp
d’Auschwitz. Nous voulons des garanties pour une rapide application des accords", ajoute-t-il, notamment le transfert des carmélites.(apic/cip/jt/pr)