Carmel d’Auschwitz : Mgr Mamie espère que le bon climat (070989)
Les accords de Genève doivent être respectés
Berne, 7septembre(APIC) Même si le thème n’était pas à l’ordre du jour de
la 205e assemblée ordinaire de la Conférence des évêques suisses (CES), qui
s’est tenue du 4 au 6 septembre au Séminaire du diocèse de Sion à Givisiez
(FR), l’affaire du carmel d’Auschwitz n’a pas été absente des délibérations
des évêques suisses. Au cours de la conférence de presse de la CES jeudi à
Berne, Mgr Pierre Mamie, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a déclaré
que pour lui, "Auschwitz est une terre d’espérance". Il a proposé à ses
amis juifs en Suisse de participer à un moment de silence au terme d’une
prière commune pour la paix du monde entier.
Evoquant ses lointaines origines juives (il y a 4 siècles, en Toscane),
Mgr Mamie a souligné que "si quelqu’un méprise un juif, c’est le Christ Jésus crucifié qu’il méprise, c’est là la conviction d’un chrétien". "Celui
qui touche à Israël (au peuple de l’Ancien Testament, pas à l’Etat) touche
à l’Eglise, même si un juif ne peut avoir la même certitude", a-t-il ajouté. Se refusant à commenter personnellement les propos tenus par les cardinaux polonais Macharski et Glemp et à intervenir dans les affaires intérieures de la Conférence épiscopale polonaise, il a cependant laissé entendre que la signature des accords de Genève devait être respectée. "Laisseznous régler entre nous nos querelles de famille", a-t-il lancé, avant
d’ajouter "Nous pensons tous qu’une signature doit être respectée, mais
nous pensons aussi que nous ne pouvons pas toujours tenir une promesse pour
l’exécuter au moment décidé auparavant".
Auschwitz, une terre que personne ne peut revendiquer pour soi seul
"Auschwitz, à notre avis, relève Mgr Mamie, est une terre que personne
ne peut revendiquer pour soi seul, pas plus que le Golgotha". Et de demander "à nos frères juifs de croire que nous voulons poursuivre avec eux notre chemin dans une prière commune", tout en reconnaissant qu’une prière
commune publique, dans la conviction des juifs, est difficile à accepter.
L’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg a révélé qu’il a reçu de nombreux
appels, tant du côté juif que catholique et protestant pour que tout soit
fait afin de préserver le bon climat prévalant entre juifs et chrétiens en
Suisse depuis la fin de la guerre. (apic/be)